mercredi 6 février 2013

Blackheath & Ansel Adams

Blackheath

Il y a deux semaines, je me suis retrouvée avec un peu de temps libre et l'envie de prendre l'air. Pas assez de temps pour aller voir bien loin, mais Londres étant ce qu'elle est on y passe facilement un après-midi au grand air. Un vent de printemps soufflait et j'avais envie d'avancer dans ma liste d'expositions à visiter avant qu'elles se terminent (j'ai déjà manqué Hollywood Costume au V&A, quelle déception!), mais pas envie de passer une journée à l'intérieur non plus. J'ai décidé d'aller en direction de Greenwich pour voir Ansel Adams au National Maritime Museum (jusqu'au 28 avril pour les Londoniens); le plan initial était d'aller ensuite jeter un coup d'oeil au Thames Barrier Park, mais le sort en a décidé autrement...

Blackheath

Même si j'habite au nord-est de la ville et que Greenwich est plus ou moins au sud-est, j'ai découvert qu'il n'y avait pas vraiment de façon d'y aller en ligne droite sans bifurquer par le centre. J'ai donc pris un bus jusqu'à la station Cannon Street, dans la City, pour ensuite prendre un train (l'équivalent du train de banlieue de Montréal) qui me déposerait à Greenwich en quelques arrêts seulement. Sauf qu'une fois à Cannon Street, mon train ne passait pas avant 30 minutes, et laissez-moi vous dire que dans la City, un dimanche, 30 minutes à meubler, c'est long... J'ai fait jouer mes neurones d'experte en déplacements optimaux (c'est-à-dire que j'ai consulté la carte avant de sauter dans le premier train venu), et j'ai pris la direction de Blackheath, que je savais être le village juste au sud de Greenwich, de l'autre côté de la butte, mais où je n'étais jamais allée. J'ai failli descendre à Lewisham, l'arrêt précédent, tellement les jolies maisons et les rues en pente me faisaient de l'oeil... Il faudra que j'y retourne; ceci dit, Blackheath ne m'a pas déçue!

Blackheath

Ça m'a beaucoup fait penser à Hampstead, mais sans le côté clinquant et un peu arrogant de la belle fille qui sait qu'on la regarde. À Blackheath, il y a aussi de belles maisons (certaines plutôt cossues, et bien garnies en matière automobile), un petit centre charmant qui contient encore une majorité de boutiques n'appartenant pas à des chaînes, et un grand parc où se faire aérer les poumons; mais tout ça dans une atmosphère détendue, conviviale, de petit village où on s'imagine réellement vivre, pas juste en rêve. J'y ai passé un peu plus longtemps que prévu à découvrir des passages, des cours et des rues sans issue, à me réapproprier mon appareil-photo (tout en économisant la batterie puisque j'avais oublié l'autre, j'ai perdu mes bonnes habitudes), et à manger mon premier lunch en plein air de l'année. J'ai décidé d'en profiter pendant que j'y étais, mais comme les journées sont encore courtes j'ai dû dire adieu à ma balade au Thames Barrier Park. Meilleure chance la prochaine fois...

Blackheath

De Blackheath, j'ai pris un bus jusqu'à Greenwich (si c'était à refaire, je marcherais, mais je n'avais pas vraiment d'idée des distances) qui m'a déposée juste derrière le National Maritime Museum. Je n'ai pas d'intérêt particulier pour la marine et/ou les poissons alors je n'avais jamais vraiment eu envie d'y aller; j'étais passée devant plusieurs fois, c'est un très beau bâtiment. Cette fois-ci j'y suis entrée, pour voir l'expo du photographe américain Ansel Adams qui est renommé pour ses paysages sauvages en noir et blanc à couper le souffle. J'ai beaucoup aimé, ce n'était pas trop rempli malgré la queue d'une vingtaine de minutes, et j'ai trouvé vraiment intéressant de le voir lui-même expliquer ses techniques personnelles (en vidéo, pas en personne), de voir l'évolution de son style si intimement liée aux progrès technologiques au cours de sa carrière (à partir des années 1920 et jusqu'en 1980 environ), et de comprendre quelle vision il devait avoir pour proposer des paysages contrastés et tranchants au début du 20e siècle, alors que la mode était aux flous vaporeux et couleurs délavées. Sa maîtrise du noir et blanc est fascinante, et quoi qu'on en dise la photographie numérique a des croûtes à manger...

Blackheath

Je vous laisse sur deux citations qui m'ont bien plu:

«Le négatif, c'est comme une partition de musique: toute l'information est là. Mais la chambre noire, c'est l'interprétation: c'est là que le photographe s'exprime vraiment.»

«Quand les mots s'embrouillent, je fais la mise au point avec la photographie. Quand les images sont inadéquates, je me contente du silence.»

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Blackheath

About two weeks ago, I found myself with a bit of free time and an urge to get some fresh air. Not enough time to go very far, but London being what it is, it's easy to escape for an afternoon. A spring wind was blowing and I wanted to make some headway in my list of exhibitions to see before they're finished (I've already missed Hollywood Costume at the V&A, I'm gutted!), but didn't feel like spending the day indoors. I decided to go for a wander around Greenwich, to see Ansel Adams at the National Maritime Museum (until 28th April for those who are in London); the plan was to then go check out the Thames Barrier Park, but things didn't quite work out that way...

Blackheath


Even though I live in northeast London and Greenwich is more or less in the southeast, there is apparently no way to go straight there, without having to go through the centre. So I got a bus down to Cannon Street station, in the City, to then hop on a train that would drop me off in Greenwich after a few stops only. Except that once I got to Cannon Street, my train wasn't leaving for another 30 minutes, and let me tell you it's not easy to fill 30 minutes on a Sunday in the City! I had to put my seasoned traveller's brain to work (read: look at a map before boarding just any train), and decided to head to Blackheath, a village I knew to be just south of Greenwich, on the other side of the hill, where I had never been before. I almost got off the train in Lewisham, such was the charm of its pretty houses and hilly streets... I'll have to go back; luckily Blackheath didn't let me down!

Blackheath

It really reminded me of Hampstead, but without the showy, self-conscious feeling of a beautiful girl who is aware that all eyes are on her. In Blackheath, the houses are just as pretty (and some are fairly sizeable, with a healthy automobile display out front), a charming little town centre with mostly non-chain shops, and a huge park where one can cleanse their lungs out; but all that in a truly relaxed, welcoming village-y atmosphere that makes you want to live there for real, not just in your dreams. I spent a bit longer than I had planned there, discovering pathways, courtyards and dead-end streets, reacquainting myself with my camera (while trying to save what little power I had left since I'd forgotten to take a spare battery), and eating my first open-air lunch of the year. I thought I'd enjoy it while I was there, even if it meant not having enough daylight to then go to the Thames Barrier Park. Better luck (and longer days) next time...

Blackheath

From Blackheath I took a bus to Greenwich (in hindsight, I should have walked, but I couldn't tell how near or far apart things were) which dropped me off right behind the National Maritime Museum. I don't really have a keen interest in all things sea-related, so I'd never really made time for a visit; I walked past it many times though, it's a beautiful building. This time I actually went in, but only to see the exhibition of American photographer Ansel Adams, mostly known for his awe-inspiring wild black and white landscapes. I loved it, it wasn't too busy despite a 20-minute queue, and I was really interested in what he had to say (on film, not in real life) about the techniques he invented, seeing how tightly the evolution of his style was linked to the progress in technology during his career (from the 1920s to 1980 approximately), and understanding how strong his vision was for him to start making sharp contrasted images when everyone else was into soft-focus, lightly tinted photographs. His mastery of black and white photography is fascinating, and there's no doubt digital cameras still have a lot of room for improvement...

Death of a Snowman
Death of a Snowman

Lastly, two quotes I liked:

"What's captured on film is like musical scores: the information is there. But what happens in the dark room is the real performance: that's where the photographer becomes the conductor."

"When words become unclear, I shall focus with photographs. When images become inadequate, I shall be content with silence."

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Oh oui, honte à toi pour avoir manqué l'expo des costumes au V&A!!!!

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