Que faire quand il fait beau à Londres? Mais aller passer la journée sous la pluie à Bristol, évidemment! On ne sait jamais ce que ça va donner, côté météo, quand on réserve des billets de train en avance et pour une journée seulement. En même temps, Bristol, c'est tout près du Pays de Galles, on aurait quand même dû s'en douter...
Au départ de Paddington Station, Vanessa et moi ne pouvions pas manquer de passer dire bonjour à Paddington Brown. Les salutations d'usage faites, quelques formules de politesse échangées (pas avec les gens qui rentraient dans nos photos par contre), nous sommes montées dans notre train vers Bristol. Nous avons choisi de partir en train parce que c'est plus rapide, et de revenir en autobus pour économiser (et dormir!). A posteriori, il aurait peut-être été plus sage de prendre notre temps le matin, avoir su ce qui nous attendait là-bas... Non seulement il pleuvait à boire debout, mais le vent rendait nos parapluies plus que ridicules; quand on le porte soit perpendiculaire au sol, soit retourné à l'envers, on se demande si ça vaut vraiment la peine... Et même fièrement vêtues pour l'occasion, Vanessa de ses nouvelles Hunter «aubergine», et moi de mes duck shoes de seconde main qui font fureur partout où elles passent, en plus d'imperméables, polars, tuques, mitaines et bas de laine, nous avons fini par capituler. Il faut savoir reconnaître le moment où la seule chose à faire, c'est trouver refuge dans un pub! En plus, avec la pluie torrentielle, la rivière Avon, et une fontaine à chaque coin de rue, ça devenait de plus en plus difficile d'ignorer notre envie de pipi après deux heures de train...
La BBC prévoyait une éclaircie vers 15h, et une chance qu'elle est arrivée un peu plus tôt parce que je ne sais pas quand nous aurions arrêté de manger... Un cidre à la rhubarbe pour commencer (jolie couleur mais pas très bon!), suivi de fish & chips, steak & ale pie plein de gravy et de frites qui trempent dedans (un petit relent de poutine ici), puis une pinte de crème glacée (littéralement) et le plus gros morceau de gâteau au chocolat que j'aie vu de ma vie... Les pubs en dehors de Londres sont tellement plus charmants, et moins chers!
Dès que la pluie s'est calmée, nous sommes allées rouler notre bedon rond dans les côtes de Bristol (malgré une forte envie de faire un petit roupillon sur la banquette du pub), en marchant grosso modo vers l'ouest pour se retrouver dans Clifton, un quartier bien cool qui nous avait été recommandé. Une chance, parce que la première partie, près de la gare et au bord de l'eau, était un peu déprimante: ça nous a rappelé Portsmouth, mais sous la pluie en plus! Par contre, Clifton, c'est plein de petites maisons charmantes (vous remarquerez sur mes photos un style de balcon particulier que je n'ai jamais vu ailleurs), appuyées les unes sur les autres comme un jeu de domino dans des rues en pente raide, au détour desquelles on risque à tout moment de tomber sur un crescent majestueux. Tout le monde, sans exception, semble avoir une vue imprenable sur la campagne environnante... ou l'autoroute, c'est selon.
Nous avons fait demi-tour après avoir atteint le fameux pont suspendu qui fait apparemment la renommée de la ville: je dois avouer que je n'en avais jamais entendu parler, mais j'avais déjà vu passer l'architecte, Isambard Kingdom Brunel (difficile d'oublier un nom pareil) en faisant des recherches sur les canaux de Londres. Nous avons traversé le pont une fois dans chaque sens (même pas peur!), puis grimpé le plus haut possible sur la colline. Avec le sentiment du devoir accompli, nous avons entrepris de redescendre jusqu'au harbourside pour essayer d'arriver avant la fermeture de M Shed, un musée tout nouveau, tout beau: il n'a pas encore un an! Avec moins de trente minutes à écouler avant la fermeture, nous avons réussi à faire un tour rapide de l'exposition de Norman Parkinson, mais il faudra y retourner pour la partie sur l'histoire de Bristol...
À partir de ce moment-là, nos pieds ne voulaient plus rien savoir: c'est bien beau quand il pleut, les chaussures en caoutchouc, mais ce n'est pas exactement propice aux longues marches – oui, je me répète, je finirai bien par apprendre! À défaut de trouver un pub pas trop louche où on pourrait s'asseoir, nous avons décidé d'aller attendre l'autobus directement au terminus. Mais ce n'était pas la fin de nos aventures, oh non! Quelques minutes avant le départ, Vanessa a réalisé qu'elle avait perdu une mitaine, qu'elle est retournée chercher en courant sur le plancher des toilettes d'un pub (rien de moins). Pour ma part, j'ai plutôt choisi d'oublier les miennes dans l'autobus, ce qui fait que nous avons attendu près de 45 minutes à Victoria, dehors (sans mitaines!), que le chauffeur daigne revenir de sa pause café pour me les rendre. Qui a dit que ma vie était dénuée de rebondissements?
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