vendredi 24 février 2012

Bristol

River Avon

Que faire quand il fait beau à Londres? Mais aller passer la journée sous la pluie à Bristol, évidemment! On ne sait jamais ce que ça va donner, côté météo, quand on réserve des billets de train en avance et pour une journée seulement. En même temps, Bristol, c'est tout près du Pays de Galles, on aurait quand même dû s'en douter...

Council House

Au départ de Paddington Station, Vanessa et moi ne pouvions pas manquer de passer dire bonjour à Paddington Brown. Les salutations d'usage faites, quelques formules de politesse échangées (pas avec les gens qui rentraient dans nos photos par contre), nous sommes montées dans notre train vers Bristol. Nous avons choisi de partir en train parce que c'est plus rapide, et de revenir en autobus pour économiser (et dormir!). A posteriori, il aurait peut-être été plus sage de prendre notre temps le matin, avoir su ce qui nous attendait là-bas... Non seulement il pleuvait à boire debout, mais le vent rendait nos parapluies plus que ridicules; quand on le porte soit perpendiculaire au sol, soit retourné à l'envers, on se demande si ça vaut vraiment la peine... Et même fièrement vêtues pour l'occasion, Vanessa de ses nouvelles Hunter «aubergine», et moi de mes duck shoes de seconde main qui font fureur partout où elles passent, en plus d'imperméables, polars, tuques, mitaines et bas de laine, nous avons fini par capituler. Il faut savoir reconnaître le moment où la seule chose à faire, c'est trouver refuge dans un pub! En plus, avec la pluie torrentielle, la rivière Avon, et une fontaine à chaque coin de rue, ça devenait de plus en plus difficile d'ignorer notre envie de pipi après deux heures de train...

Duck Shoes

La BBC prévoyait une éclaircie vers 15h, et une chance qu'elle est arrivée un peu plus tôt parce que je ne sais pas quand nous aurions arrêté de manger... Un cidre à la rhubarbe pour commencer (jolie couleur mais pas très bon!), suivi de fish & chipssteak & ale pie plein de gravy et de frites qui trempent dedans (un petit relent de poutine ici), puis une pinte de crème glacée (littéralement) et le plus gros morceau de gâteau au chocolat que j'aie vu de ma vie... Les pubs en dehors de Londres sont tellement plus charmants, et moins chers!

Clifton

Dès que la pluie s'est calmée, nous sommes allées rouler notre bedon rond dans les côtes de Bristol (malgré une forte envie de faire un petit roupillon sur la banquette du pub), en marchant grosso modo vers l'ouest pour se retrouver dans Clifton, un quartier bien cool qui nous avait été recommandé. Une chance, parce que la première partie, près de la gare et au bord de l'eau, était un peu déprimante: ça nous a rappelé Portsmouth, mais sous la pluie en plus! Par contre, Clifton, c'est plein de petites maisons charmantes (vous remarquerez sur mes photos un style de balcon particulier que je n'ai jamais vu ailleurs), appuyées les unes sur les autres comme un jeu de domino dans des rues en pente raide, au détour desquelles on risque à tout moment de tomber sur un crescent majestueux. Tout le monde, sans exception, semble avoir une vue imprenable sur la campagne environnante... ou l'autoroute, c'est selon.

Clifton Suspension Bridge

Nous avons fait demi-tour après avoir atteint le fameux pont suspendu qui fait apparemment la renommée de la ville: je dois avouer que je n'en avais jamais entendu parler, mais j'avais déjà vu passer l'architecte, Isambard Kingdom Brunel (difficile d'oublier un nom pareil) en faisant des recherches sur les canaux de Londres. Nous avons traversé le pont une fois dans chaque sens (même pas peur!), puis grimpé le plus haut possible sur la colline. Avec le sentiment du devoir accompli, nous avons entrepris de redescendre jusqu'au harbourside pour essayer d'arriver avant la fermeture de M Shed, un musée tout nouveau, tout beau: il n'a pas encore un an! Avec moins de trente minutes à écouler avant la fermeture, nous avons réussi à faire un tour rapide de l'exposition de Norman Parkinson, mais il faudra y retourner pour la partie sur l'histoire de Bristol...

No. 23 Royal York Crescent

À partir de ce moment-là, nos pieds ne voulaient plus rien savoir: c'est bien beau quand il pleut, les chaussures en caoutchouc, mais ce n'est pas exactement propice aux longues marches – oui, je me répète, je finirai bien par apprendre! À défaut de trouver un pub pas trop louche où on pourrait s'asseoir, nous avons décidé d'aller attendre l'autobus directement au terminus. Mais ce n'était pas la fin de nos aventures, oh non! Quelques minutes avant le départ, Vanessa a réalisé qu'elle avait perdu une mitaine, qu'elle est retournée chercher en courant sur le plancher des toilettes d'un pub (rien de moins). Pour ma part, j'ai plutôt choisi d'oublier les miennes dans l'autobus, ce qui fait que nous avons attendu près de 45 minutes à Victoria, dehors (sans mitaines!), que le chauffeur daigne revenir de sa pause café pour me les rendre. Qui a dit que ma vie était dénuée de rebondissements?

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mardi 7 février 2012

Tower Hamlets Cemetery Park

Tower Hamlets Cemetery Park

Grande nouvelle: il a neigé à Londres! Et comme d'habitude, les météorologues l'avaient prévu à l'avance, on l'avait vu venir par le froid «polaire» de la semaine dernière, et le maire nous a promis que cette fois-ci, tout était prêt et qu'il n'y aurait pas de problèmes. Comme d'habitude, le traffic aérien a été perturbé, les transports en commun aussi, et les gens ont tout oublié (comment conduire, comment s'habiller, même comment marcher) sauf une chose: comment faire des bonhommes de neige. Ça tombe bien, c'était dimanche, alors la ville a eu une chance de se remettre sur les rails pour l'heure de pointe du lundi matin, et les enfants, petits et grands, sont sortis dans les parcs pour jouer dans la grosse neige mouillée! Moi, à défaut d'être assez cool pour faire un bonhomme ironique à London Fields avec mes amis hipsters, j'ai trouvé que c'était le prétexte idéal pour reprendre mon appareil-photo et aller faire une grande marche ayant pour destination mon projet avorté de samedi (partie trop tard, manqué de clarté, rebroussé chemin): Tower Hamlets Cemetery Park.

Regent's Canal
Samedi, il n'y avait pas de neige, mais il y avait de la glace.
On Saturday, there was no snow, but there was ice.

Tower Hamlets, c'est officiellement mon arrondissement, mais c'est vraiment grand et je suis à deux coins de rues de la limite de l'arrondissement voisin, Hackney, où je travaille. À part le fait qu'ils refusent obstinément de me livrer leurs foutus sacs à recyclage roses (dans Hackney, ils ont des bacs!), je n'en connais pas grand chose... Pour les curieux, le «Tower» vient de Tower of London, bien sûr! Mais oui, j'habite dans le même arrondissement que la Tour de Londres, I am that big... Passons. J'ai découvert dans l'un de mes petits guides* qu'il y avait un cimetière victorien abandonné transformé en parc dans Tower Hamlets, et même à une distance franchissable pour un marcheur optimiste (note à moi-même: les bottes de pluie, c'est beau pour faire ma fraîche dans la slush, mais ça manque un peu de support: mes mollets en témoignent avec émotion depuis deux jours).

Regent's Canal
Certainement un peu moins bucolique que St. James' Park!
Certainly not quite as pretty as St. James' Park!

J'ai amorcé une première tentative samedi après-midi, mais comme j'ai végété jusqu'à 15h et que je me suis perdue deux fois plutôt qu'une dans les environs de Victoria Park, j'ai fini par revenir pendant que j'avais encore assez de clarté pour espérer ne pas me faire attaquer le long du canal. Et c'est là que la magie du destin a opéré: il a commencé à neiger tard samedi soir, alors mon cimetière était encore plus joli dimanche! Une chance que je n'étais pas déjà allée, je m'en serais mordu les doigts.

Victoria Park

London Fields

Malgré toutes mes bonnes intentions, je ne suis pas partie beaucoup plus tôt dimanche, et la neige a ralenti ma progression (mais pas autant que tous les Londoniens qui glissaient dans leurs petits souliers de cuir). Je n'ai pas pu résister à quelques photos de bonhommes de neige en chemin, tous plus insolites les uns que les autres: en plus du goret de concours que vous verrez dans ma série, j'en ai vu un avec des yeux en sous noirs, un avec des yeux en patates (je suis sûre que ce n'est pas ce qui est recommandé dans la chanson...), et un arborant avec dignité un énorme soutien-gorge turquoise. Puis, après un bref passage par le Pakistan (c'est-à-dire le Mile End de Londres, un peu différent de celui de Montréal), j'ai fini par découvrir cet oasis de nature et de tranquilité, où les renards et les perruches (sans blague) s'en donnent à coeur joie.

Tower Hamlets Cemetery Park

Tower Hamlets Cemetery Park

J'ai eu un pincement au coeur en cadrant ma première photo: je suis revenue récemment à mon objectif macro, mon premier amour, pour des raisons pratiques (sa taille et son poids), mais je vais devoir retourner à Tower Hamlets Cemetery avec mon grand angle, définitivement. Et peut-être au printemps ou à l'été, aussi... En tout cas, pour le moment, quelques petites images, et un gros coup de coeur pour cette parcelle de mon arrondissement méconnu.

Tower Hamlets Cemetery Park

Tower Hamlets Cemetery Park

Et c'est ainsi que j'ai écrit un article de plus de 700 mots sur les bonhommes de neige et une balade au cimetière. Je m'en excuse.

* J'ai commencé par An East London Companion, et j'ai eu le coup de foudre pour les petits guides/cartes géographiques de Herb Lester Associates. Ils sont super jolis, et ils parlent de Londres (et d'autres villes aussi!), alors évidemment, j'ai acheté la collection complète... Ils sont pleins de bonnes informations, et pas chers!

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samedi 4 février 2012

Petit ménage ::: Tidying up a bit

Winter

Winter by camille14 featuring gap pants


À défaut d'avoir grand chose à raconter, j'ai fait un petit ménage pour que mon blog puisse commencer 2012 du bon pied. Quelques nouveautés (pas vraiment nouvelles en fait...):
  • Pinterest: Je regroupe dans différents «babillards» thématiques les images qui m'inspirent, au gré de mes découvertes un peu partout sur le web. Vous pouvez consulter mes collections par ici, ou en suivant le lien qui se trouve maintenant dans la colonne de droite.
  • Polyvore: Quand je ne sais plus comment m'habiller, ou pour assouvir une envie de magasinage sans dépenser un sou (et en m'en permettant beaucoup!), j'ai commencé il y a quelques mois à créer des ensembles que vous pouvez aller consulter directement par ici ou, encore une fois, via le bouton dans la colonne de droite.
  • J'ai aussi rafraîchi ma liste de favoris: je reste fidèles à certains blogs (Lake Jane, A Cup of Jo, Wiksten, Garment House, Lucy & I, Knit & Tonic...) et j'en découvre sans cesse de nouveaux. Même si la majorité des blogs que je lis me parachutent dans l'univers intime de gens que je n'ai jamais rencontrés, j'ai aussi des amis de la vraie vie qui tiennent des blogs vraiment intéressants que je suis avec plaisir: Julia (Jali's Blog), Julien (Julien Blog Aventure), Béa (Delisss), Vanessa (Vanessa à Londres), Val (Matcha & Buddha), Mireille (Mireille a un blogue), Charley (London Bride), et même un ancien prof, Sylvain (Packaging UQAM)!
Bonne lecture!
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dimanche 29 janvier 2012

North Hatley & une parcelle d'hiver au Québec ::: North Hatley & a little bit of Quebec winter

jardin d'hiver

Hier, je suis allée faire des courses. J'ai passé l'après-midi dehors chaussée d'espadrilles de toile, et même si ce n'était pas du tout déplacé (j'ai vu des gens en t-shirt), ça m'a fait bizarre. Dans ma tête, dans mes chromosomes, jusqu'au plus profond de mon être, j'ai la conviction qu'il y a quelque chose de malsain à se balader en chaussures légères en plein mois de janvier! Et plus, il faisait «froid»...

jardin d'hiver

Je n'ai rien contre l'hiver londonien (je le précise maintenant, après m'être fait dire de «retourner chez nous» si je n'étais pas contente), je n'y suis juste pas adaptée. En même temps, si j'étais au Québec en ce moment je serais probablement en train de me plaindre comme tout le monde. Sauf que, vu de l'extérieur, c'est beau et blanc et pur et vivifiant et ça me manque... Alors je me suis replongée dans mes photos du temps des Fêtes, ma petite parcelle de neige annuelle, plus spécifiquement dans les images d'une balade à North Hatley avec mes parents, le 30 décembre. Et là, il faisait froid pour vrai!

North Hatley

North Hatley, c'est un petit village (750 habitants!) qui se déploie en croissant à l'extrémité nord du lac Massawippi, l'un des plus touristiques des Cantons de l'Est. Touristique au sens où les gens de Montréal savent à peu près où c'est, et ceux qui ont osé dépasser Magog sont peut-être même déjà allés. Que ce soit parce que notre charmant premier ministre, entre autres notables, y possède une maison, ou parce que c'est l'un des rares villages de la province à avoir conservé une population majoritairement anglophone (et que les complexes, chez nous, ont la couenne dure), North Hatley a la réputation d'être fréquentée par des riches (snobs). C'est un peu vrai. Mais c'est ce qui fait que les maisons centenaires au bord de l'eau sont magnifiquement entretenues, qu'on y retrouve des restaurants et des auberges parmi les plus réputés au Québec, et qu'il y a un magasin général plutôt qu'un Provigo, et un pub plutôt qu'un McDo.

North Hatley

J'y étais allée plusieurs fois avant, mais j'ai été surprise de constater que mon expérience anglaise me faisait voir North Hatley sous un autre jour. Soudain, les choses avaient un sens! Le Pilsen Pub au bord de l'eau, avec un vrai feu de foyer, un beau bar en bois et des bières en fût; le magasin général qui vend des confitures Wilkins & Sons, du thé PG Tips et des babioles de cuisine avec des dessins d'autobus rouges et de taxis noirs; les antiquaires, les tasses de porcelaine fine, les vieilles photos, les noms anglais... Ça m'a fait réaliser à quel point la culture anglaise est toujours bel et bien présente, et vivante, au Québec, mais les francophones l'ignorent complètement. C'est comme une minorité dans une autre minorité! Nous sommes tellement occupés à protéger notre langue et notre culture en Amérique du Nord que nous ne voyons même pas, parmi nous, une autre culture à protéger. Finalement, si on se parlait, on se comprendrait pas mal mieux qu'on le croit, j'ai l'impression...

North Hatley

North Hatley

En tout cas, au-delà des discussions politiques, ça m'a fait du bien de passer un après-midi à fouiner chez les antiquaires, à admirer les belles maisons, et surtout à boire un cidre (québécois!) au pub, au coin du feu, avec mes parents... C'était comme deux mondes qui se mélangent, mais ça me donne espoir pour mon retour éventuel: lorsque la culture britannique me manquera, j'irai prendre le thé à North Hatley!

Les premières photos proviennent d'une série dans le jardin de mes parents; c'est par ici pour l'album complet de Noël 2011.

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dimanche 22 janvier 2012

Mon petit châle d'été ::: My little summer shawl

Châle dentelle

Règle générale, l'été, je n'ai pas trop envie de tricoter. Disons qu'à 35 degrés avec l'humidité, la perspective de passer des heures avec un tas de laine sur les genoux n'est pas spécialement alléchante! Donc je m'octroie une pause de quelques mois, pour recommencer sur les chapeaux de roue dès que l'automne revient pour me rappeller que j'aime (un peu trop) les foulards... Par contre, l'été à Londres, c'est différent! Enfin, différent de l'été au Québec, mais somme toute plutôt semblable au reste de l'année à Londres... Une petite laine était impérative si j'avais espoir de porter au moins une fois les robes d'été achetées dans l'euphorie de la canicule d'avril; c'est ici que le petit châle de dentelle en mélange de lin entre en scène.

Châle dentelle

On ne va pas exagérer non plus, il n'a pas fait 10 degrés tous les jours (14 en moyenne!), donc je n'avais pas besoin d'une grosse doudou en mérinos. Juste de quoi me couvrir les épaules par temps frisquet, ou les protéger du soleil quand il daignait se pointer le bout du nez. C'est un projet simple que j'ai fait en suivant un patron de A à Z... enfin, presque: pour un châle, on n'a pas trop besoin de se préoccuper d'échantillons et de taille d'aiguilles, alors j'y suis allée selon ma fantaisie, avec quelques pelotes que j'avais déjà ramassées (en rabais), et en croisant les doigts pour en avoir assez jusqu'à la fin!

Châle dentelle

Pour être honnête, les photos ne lui rendent pas justice... C'est l'un de mes tricots préférés jusqu'à maintenant! La couleur est neutre mais pas fade, avec un petit effet satiné et un joli drapé. C'était la première fois que je bloquais un tricot, et j'ai vraiment vu une énorme différence entre le «avant» et le «après». C'est du travail, mais ça vaut le coup! Et ce n'est pas seulement un tricot d'été, je l'ai porté enroulé un peu plus serré cet automne et je sens qu'il pourra bientôt recommencer à se rendre utile...

Fil: Rowan Lenpur Linen (75% viscose, 25% lin), colori 572
Patron: Summer Flies par Donna Griffin

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