Mais mais mais, on va croire que je vous néglige! Déjà plus d'un mois sans nouvelles! Comme l'an dernier, la fin de l'hiver a apporté un petit mou photographique. Comme l'an dernier, j'ai aussi été moins active en ce début d'année. Et comme... toujours il me semble, j'ai consacré beaucoup de temps à la recherche d'un nouvel appartement. Maintenant que j'ai trouvé une belle maison, que le printemps est arrivé, et que j'ai eu de la visite pour me pousser un peu dans le dos, je vais avoir plein de choses à raconter!
C'est ma tante, celle qui avait été ma première visiteuse way back when, qui est venue me tirer de mon hibernation en emmenant avec elle le soleil du Québec. Elle n'avait que quelques jours, et notre liste était encore plus longue que la première fois! Mais nous avons pris soin de commencer en douceur; travail, décalage horaire et cheville tordue obligent. Donc le premier soir, le mercredi, un petit souper tranquille chez Pizza East. Enfin, aussi tranquille qu'on puisse l'être à une table immense au milieu d'une salle bruyante, à essayer de garder l'équilibre sur un tabouret bancal tout en jouant du coude avec nos voisins. Une chance que leur pizza est bonne, parce que comme de nombreux endroits dans le quartier, le parfum trendy de l'est de Londres est en train de leur monter à la tête... Le jeudi soir, nous avons plutôt opté pour un plan de soirée bon chic bon genre avec une pièce de théâtre (Being Shakespeare) dans le West End, puis un souper dans une chaîne pseudo-italienne dont nous tairont le nom. Mais à cheval donné, on ne regarde pas la bride: Londres, ce n'est pas Paris ni Barcelone, et trouver une cuisine encore ouverte après 21h relève de l'exploit.
J'avais pris congé le vendredi et là, malgré le pied mariton de ma compagne, on s'est bien gâtées: on a commencé avec la Tate Modern à 10h le matin (le hall était tellement vide qu'on s'est demandé un instant si c'était fermé), sans trop savoir ce qu'on allait voir. Yayoi Kusama, dont le nom semble être sur toutes les lèvres ces temps-ci, m'a laissée plutôt interdite: le genre d'art que je ne comprends pas... Par contre, j'ai absolument adoré Alighiero Boetti, une espèce de fou qui est passé par toutes sortes de lubies au cours de sa carrière: remplir des toiles de plusieurs mètres carrés au stylo bleu, trouver vingt façons différentes de retracer les traits d'une feuille de papier quadrillé sans passer deux fois au même endroit, engager des femmes afghanes pour broder des cartes du monde, faire voyager des personnages connus et inconnus par la poste... J'ai tellement aimé que j'ai acheté le (volumineux) catalogue de l'exposition sur le champ, quitte à devoir le transporter pour le reste de la journée!
Notre objectif suivant était la nouvelle White Cube Gallery sur Bermondsey Street, mais avant d'y aller nous avons fait un petit détour par le Design Museum (la boutique seulement, malheureusement... je pense que je vais manquer Terence Conran!). Nous allions à la galerie pour le bâtiment, et non pour l'exposition en cours (Gilbert & George, en l'occurence); intérêt purement architectural pour ce nouvel espace, l'une des plus grandes galeries d'Europe! Malgré le lieu éminemment inspirant, les photos seront pour une autre fois... Mon appareil est resté bien au chaud dans mon sac pendant toute la journée, et mon épaule gauche ne m'en remercie pas! (J'espère que vous pourrez me pardonner le manque cruel de photos dans cet article, il y en aura plus dans la suite...)
Le catalogue en question.
The aforementioned catalogue.
À un moment il a quand même fallu s'asseoir pour souffler un instant. Dans un pub, c'est l'idéal... Puis nous avons digéré la viande, la friture et l'alcool dans le métro, en direction de la Tate Britain. J'ai appris plus tard, à la mine horrifiée de mes collègues, que deux Tate dans la même journée, c'est un gros no-no culturel. Je ne vois pas trop pourquoi, il me semble qu'on s'en est plutôt bien sorties en finissant notre journée par l'exposition de Picasso et ses contemporains britanniques. J'avais même encore assez d'énergie pour aller boire quelques pintes à la santé d'une collègue australienne qui a dû rentrer temporairement au bercail, puis retrouver ma tante pour un petit souper tardif chez Albion (qui soit dit en passant se débrouille beaucoup mieux dans les repas du soir que dans les déjeuners)! Disons seulement qu'avec deux Tate et deux pubs dans la même journée, j'ai bien dormi...
Pour ceux qui se grattent le cuir chevelu en se répétant le titre de l'article d'un air stupéfié: vraisemblablement vous n'avez pas la chance d'avoir une tante aussi érudite que la mienne. Ou bien vous n'avez jamais fait deux Tate le même jour! Voyez l'explication ici...
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