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lundi 14 octobre 2013

Des églises et des restos ::: Churches and restaurants

Canterbury Cathedral

Cet été j'ai eu la chance d'avoir la visite de ma marraine préférée, pour la troisième fois: c'est ma visiteuse la plus assidue! À croire qu'elle vient voir Londres aussi, et pas juste moi... J'adore faire découvrir Londres aux gens. Quand j'ai décidé de venir ici, mon entourage se demandait un peu (ils ne me l'ont avoué que plus tard, sous la torture) ce que j'allais faire dans cette vieille ville poussiéreuse et pleine d'Anglais straight. Depuis, chaque fois que quelqu'un vient en voyage et découvre que Londres, en fait, c'est vraiment cool, je le prends comme une petite victoire personnelle! Ce que j'aime c'est qu'il y en a pour tous les goûts: autant ma tante et mes parents que mes amis et mes frères y trouvent leur compte, et moi je joue à la guide et à la touriste avec eux, et j'essaie des trucs que je n'aurais pas faits autrement!

Canterbury Cathedral

Quand Myriam vient, il y a toujours quelques incontournables: un théâtre ou une comédie musicale, une forte thématique architecturale (cette fois-ci c'étaient les églises), beaucoup de marche, et beaucoup de restos! Pour faire un peu changement, j'avais aussi prévu deux petites escapades en-dehors de la ville, question de voir un peu la campagne anglaise aussi.

Canterbury Cathedral

Je voulais retourner dans le Kent depuis nos petites vacances pascales, et comme il se trouve une toute petite église pas très importante à Canterbury, j'avais trouvé la comparse idéale. La cathédrale se trouve en plein centre de la ville, mais elle est entourée de murs et il faut payer pour passer le portail, alors nous avions plutôt marché autour que dedans avec Matt en avril. Cette fois-ci, pas question de passer à côté, et je dois avouer que même si je n'ai pas été émue, j'ai certainement été impressionnée! Que de belles choses à voir, et des photos à faire... On pourrait y passer des heures, si ce n'était des troupeaux de touristes (c'est une bonne idée d'y aller tôt, mais pas trop, sinon on arrive pendant la messe et on ne peut pas tout visiter!)

Canterbury Cathedral

Canterbury Cathedral

Une fois la cathédrale derrière la cravate, il était temps de se mettre autre chose que de la culture dans l'estomac... Nous sommes retournées chez Tiny Tim, mais cette fois-ci pour un vrai lunch (j'aime bien retourner dans les endroits que j'ai déjà visités une fois et faire semblant d'être une habituée). J'ai essayé la spécialité locale, un sandwich fait dans un petit pain typique du Kent (le huffkin). Apparemment, chaque région d'Angleterre possède son traditionnel bun (j'en apprends des choses dans Great British Bake Off...) dont la recette est jalousement gardée. Pour être bien honnête, en ce qui me concerne un Sally Lunn bun de Bath ou un huffkin de Canterbury, ça reste un petit pain blanc rond plutôt sans intérêt! Heureusement, ils mettent plein de bonnes choses dedans, comme ce fameux coronation chicken (poulet, raisins secs, herbes et amandes dans une mayonnaise au curry) que j'adore quand il est bien fait.

Whitstable

Après le dîner nous avons pris le bus vers Whitstable, le même que la dernière fois mais en sens inverse. Il faisait un soleil magnifique, les gens dévoilaient leur peau rose vif et se baignaient, on était bien loin de la plage déserte et du vent glacial que j'avais connus en avril. Malheureusement, je n'étais pas la seule à avoir eu la bonne idée de passer un dimanche après-midi au bord de la mer, la rue principale était bondée et la promenande tellement achalandée que si une seule personne s'arrêtait, tout devenait congestionné! Pas tout à fait aussi bucolique que dans mon souvenir... Nous nous sommes dépêchées de quitter le centre pour aller respirer un peu plus loin, et je me suis même trempé les pieds dans l'eau! Après ça, on avait un peu fait le tour, alors on a repris le bus vers Canterbury pour boire un cidre de poire au soleil en attendant notre train.

Cambridge

River Cam

Le weekend suivant, c'est à Cambridge que nous allions! J'y suis allée durant ma première année ici, par une pluvieuse journée de mars, et je n'en avais pas gardé un souvenir impérissable (mon article est tout de même positif, je devais être plus optimiste à l'époque). Je voulais donc lui donner une deuxième chance, en me disant qu'accompagnée d'une architecte pour m'expliquer l'histoire extraordinaire des bâtiments, et en plein été en plus, ce serait sûrement mieux. En fait, l'été, il y a juste plus de touristes, et on a quand même eu de la pluie à un moment... Mais j'ai aussi eu la chance de visiter King's Chapel (magnifique), et de faire un authentique tour de barque sur la rivière Cam (notre guide n'était pas jasant, par contre, alors je n'en sais pas beaucoup plus)!

King's College Chapel

Entre nos deux escapades, nous avons aussi bien profité de Londres. Nous avons essayé à peu près tous les restaurants sur ma liste, et même certains qui n'y étaient pas (Brawn, un classique; Mildreds, un végétarien qui réussit à satisfaire les mangeurs de viande; Ceviche, pour me vanter un peu; Ping Pong, notre préféré pour les dimsum et le service involontairement hilarant; The Windsor Castle, un nouveau gastro-pub dans mon quartier...). La pièce de théâtre que Myriam voulait absolument voir (Much Ado About Nothing avec James Earl Jones et Vanessa Redgrave) n'était pas encore commencée, alors nous nous sommes consolés avec Matilda, que je recommande fortement. Bon, nous étions entourés d'enfants, mais c'était drôle pour tout le monde! Nous avons marché un peu partout, visité le pavillon 2013 de la Serpentine Gallery, la Tate Britain, fait un tour de bateau...

The View from the Shard

Et puis, pour conclure en beauté, nous avons gardé le Shard pour la fin. J'attendais seulement une occasion d'y aller, et au coucher du soleil ça valait vraiment le coup d'oeil (malgré l'étrange mal de mer causé par l'impression qu'il tanguait à cause du vent). Si, encore une fois, on peut faire abstraction des autres touristes qui s'agglutinent du côté ouest pour avoir la meilleure photo possible de leur amie qui fait un peace sur leur téléphone... Je sais, je suis de mauvaise foi, c'est peut-être mon complexe de l'enfant du milieu qui me fait angoisser à l'idée de partager? Je vois évidemment la nécessité de prendre un bain de foule à l'occasion (salut, j'habite dans une ville qui compte autant d'habitants que la province où je suis née!), j'ai juste besoin d'un peu de stimulation pour me lancer. C'est pour ça qu'il faut que les gens viennent me visiter le plus souvent possible!

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samedi 24 août 2013

3 ans ::: 3 years


Si j'ai bien géré mes affaires, vous lirez ceci le jour de mon troisième anniversaire en terre britannique (je serai quelque part au fin fond de ladite terre, avec ou sans connexion internet). Ça paraît si long, et si court à la fois... Il y a encore des moments où je ne réalise pas que je suis vraiment ici: je prends un raccourci parce que je suis en retard (encore), et je me rappelle à quel point j'étais confuse dans mes premières semaines à arpenter la ville; je blague avec mes collègues en cuisinant notre lunch commun et je prends conscience de la chance que j'ai qu'on se soit trouvés; je bois une pinte au pub avec un groupe de gens que j'adore mais que je n'aurais jamais rencontrés dans ma vie québécoise; je traverse un pont à la tombée du jour et la vue sur Londres éclairée m'émerveille comme aux premiers jours... La plupart du temps, je suis une bonne londonienne pressée qui marche vite et travaille trop, mais de temps en temps, sans les voir venir, j'ai encore de ces «moments».


C'est une drôle de vie que celle d'expatrié; on choisit délibérément de se mettre dans une position impossible, à devoir maintenir deux vies parallèles, deux identités. Je n'aurais jamais pensé être encore ici en ce moment, mais ma terre d'accueil a su se montrer plus que convaincante. Et même si mes racines resteront toujours fermement plantées au Québec, il s'est fait une sorte d'élagage depuis mon départ, si bien que ce n'est plus que l'essentiel qui me lie à la maison. De l'extérieur, j'ai un point de vue différent sur le Québec, et je peux me permettre de n'en garder que le meilleur: ma famille, évidemment, et mes meilleurs amis (merci d'être encore là!); mais aussi ma nourriture préférée, les mots et tournures de phrases qui me font sourire, les noms d'endroits qui me sont si familiers, les saisons... Et je me demande si, quand je quitterai Londres, j'aurai aussi ce pincement au coeur en pensant à ce qui me manquera d'ici. Ici c'est un nouveau chez-moi que j'ai choisi, et que j'aime pour des raisons toutes différentes; Londres est dans mon coeur mais le Québec est dans mon âme (ooouh). Et même si j'accepte, et chéris, le fait que je ne perdrai jamais complètement mon accent quand je parle anglais, plus le temps passe et plus je deviens anglaise! Je perds mon français et je ne sais plus trop où j'en suis entre mes deux identités, alors j'ai pensé... faire une liste, bien sûr! Juste pour voir à quel point j'ai fusionné, ou préservé, mes deux cultures.


  • J'ai totalement assimilé certains mots et expressions typiquement anglais, comme mobile (cell phone/téléphone cellulaire), flat (apartment/appartement), loo (bathroom/toilette), tube (subway/métro), rubbish (trash/déchets), trousers (pants/pantalons), pants (panties/petites culottes), jumper (sweater/chandail), bum (butt/derrière), football (soccer), telly (TV/télé), trainers (sneakers/souliers de course)...
  • Il y en a d'autres qui ne me rentrent pas dans la tête, je suis incapable de dire pavement plutôt que sidewalk ou autumn plutôt que fall, cheers ne me vient jamais naturellement, et je ne sacre pas plus en anglais qu'en français, à fortiori depuis que je sais ce que les jurons British veulent dire!

  • Plus récemment, j'ai dû acquérir le vocabulaire enfantin en anglais: moo-cow (vache), doggy (chien), kitty (chat), wee-wee (pipi), nappy (couche), dummy (suce)...
  • Malgré cela je ne comprends à peu près rien quand les enfants me parlent; ceci dit les enfants ne se formalisent pas trop d'un dialogue décousu, alors on s'entend plutôt bien!


  • Je réussis à déceler un accent régional en anglais.
  • La plupart du temps, je me trompe quand j'essaie d'en deviner la provenance exacte.

  • Je suis passée pour une Anglaise et/ou une Écossaise à quelques reprises.
  • Plus souvent qu'autrement, les gens croient que je suis Scandinave, Allemande ou Polonaise, voire Sud-Africaine ou Grecque, mais jamais personne n'a réussi à deviner que j'étais Québécoise, ni même Canadienne; au moins, ils ne pensent pas que je suis Française!

  • J'ai amélioré ma résistance à l'alcool de façon exponentielle (ce n'était pas très difficile, vous me direz) et ma connaissance en matière de whisky, mais ça c'est une autre histoire.
  • Je ne bois toujours pas de bière et même si j'adore le concept du pub, j'ai beaucoup de mal à gérer la politique des rounds (où chacun paie à boire à tout le groupe à tour de rôle plutôt que d'aller individuellement au bar; je manque toujours mon tour!)


  • Je sais ce qui arrivera dans mon assiette quand je commande un toad in the hole, des bangers & mash, un Scotch egg, un Welsh rarebit, un gooseberry fool ou un Eton mess; j'adore les bacon rolls (dont je fais l'apologie ici), les fish finger sandwiches et les scones; je bois du thé tous les jours au travail (un ou deux en été, des dizaines en hiver), du cidre, du gin ou du whisky quand je sors, et bien sûr autant de Pimm's que possible quand la température s'y prête.
  • Je n'ai pas du tout envie d'essayer la pickled tongue et encore moins les jellied eels, et j'ai régulièrement des rages de poulet St-Hubert, de bagels St-Viateur et de poutine bien sûr. J'ai aussi une envie folle d'aller à l'auto-cueillette de fraises et de pommes...



  • Je ne réussis plus à suivre la politique québécoise. C'est qui, le maire de Montréal, déjà?
  • Je ne sais pas plus ce qui se passe au parlement britannique. Mais qui pourrait ignorer Boris?!

  • Je préfère définitivement le football au hockey.
  • L'obsession masculine pour tout sport télévisé traverse les frontières et me stupéfie autant, peu importe le continent.

  • Au Québec, je porte du 10.5 aux pieds et du 10 à la taille.
  • En Angleterre, je porte du 8 aux pieds et du 14 pour le reste. Pas tellement plus facile de se chausser, et dur pour le moral!

  • J'ai visité une plus grande partie du Royaume-Uni que la plupart des Londoniens, mais il y a encore tellement d'endroits que j'aimerais voir...
  • Je ne suis jamais allée plus loin au Canada que Toronto, mais je garde ça pour mon retour.


Alors, vous en pensez quoi? Suis-je destinée à être trop anglaise pour le Québec, mais trop québécoise pour l'Angleterre?

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mercredi 10 avril 2013

Un weekend au bord de la mer ::: A weekend by the sea

Whitstable

Quand on s'y prend trop à la dernière minute pour organiser des vacances pendant un weekend férié où tout le monde est aussi en vacances, on peut s'attendre être déçu. Par exemple, pour aller à un endroit où il fait soleil et surtout, chaud (à la fin mars quand même, et avec l'hiver qu'on a eu en plus), il faut pratiquement payer le billet d'avion aussi cher que pour aller au Canada (où, ceci dit, il ne fait pas tellement chaud à la fin mars). Et c'est garanti que peu importe où on va, on se retrouve au milieu de plein d'autres Britanniques en sévère carence de vitamine D. Mais en réalité, en mélangeant un peu d'opportunisme, beaucoup d'ouverture d'esprit, et une pincée de conseils d'amis, on peut se retrouver avec un petit congé de Pâques plutôt pas mal!

Whitstable

J'avais envie d'aller à la plage, Matt avait envie de rester «local»; comme le jury n'a pas encore tranché qui de nous deux connaît le mieux la Grande-Bretagne (là je suis diplomate, vous savez de quel côté je me range, je pense...), j'ai décidé de sonder d'autres Britanniques de mon entourage pour ramasser des suggestions. Parmi les résultats les plus probants, pour ceux que ça intéresse: Bournemouth, Rye, Margate, Broadstairs, Whitstable... Au début on penchait pour Rye, petite ville médiévale du côté de la Manche, pas directement au bord de la mer mais juste à côté de Camber Sands et d'une réserve naturelle, mais on n'a pas trouvé à se loger. Comme il y avait une bonne concentration de recommandations similaires dans un rayon relativement restreint (dans le Kent, de part et d'autre de la pointe qui s'avance dans la mer du Nord), on a plutôt décidé de commencer par trouver un endroit où dormir (à une semaine d'avis, avant un congé scolaire, c'est sportif), et c'est à Whitstable (notre deuxième choix après Rye, un village de pêcheurs devenu ville-dortoir pour les courageux qui se tapent 1h30 de train deux fois par jour) que nous avons réussi à dénicher un petit B&B à mi-chemin entre la gare et la plage. Parfait!

The Pearsons Arms

Whitstable

On est partis sans trop d'attentes, faute de temps pour s'organiser vraiment, et sachant qu'on avait surtout besoin d'un weekend sans obligations. Tant qu'à ne rien faire, autant le faire au bord de la mer! Après avoir déposé nos valises le vendredi sur l'heure du midi (départ un peu tôt de Victoria quand même), j'étais impatiente d'aller respirer l'air marin. J'ai été déçue: apparemment, avoir un gros rhume, ça ampute un peu les plaisirs olfactifs... Je ne l'ai peut-être pas respiré, mais je l'ai certainement senti, ce vent du large: au bord de l'eau, on gelait! Mais le ciel bleu était au rendez-vous, alors on a juste pris le temps de se poser dans un pub près de la plage pour manger le meilleur fish and chips de ma vie au bord d'un feu de foyer (rien de moins) avant d'attaquer une longue marche sur la promenade, jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus et qu'on doive s'abriter à nouveau. Notre seule option: un petit resto en haut d'une colline avec une vue à couper le souffle, où on a mangé un gâteau et bu un bon thé bien chaud. Puis on est rentrés par la route, nettement moins venteuse, on s'est arrêtés au soleil sur un banc dans le jardin du château de Whitstable, fait quelques boutiques dans le centre du village, et trouvé deux-trois trucs légers à grignoter en guise de souper (oui, on a un fond, quand même...)

Crooked house, Canterbury

Greyfriars Garden, Canterbury

On s'est levés à une heure raisonnable le lendemain matin, samedi, pour aller visiter Canterbury. On savait comment s'y rendre en autobus puisque c'est à moins de 15 kilomètres de Whitstable, mais ça fait quand même drôle de traverser la campagne anglaise au deuxième étage d'un autobus londonien! Encore une fois, on n'avait rien préparé, Matt n'était pas sûr d'y être déjà allé (finalement, non), mais comme j'avais déjà vu Oxford et Cambridge, j'avais quand même une bonne idée du type d'endroit. Sauf que finalement, c'était mieux qu'Oxford et Cambridge! Plus petit, moins de touristes (sauf autour de la cathédrale, qui charge £9 l'entrée, non merci), plein de petits magasins authentiques pas encore avalés par les grandes chaînes, et toutes sortes de recoins intéressants à découvrir. Il faisait un peu nuageux à l'arrivée, mais le soleil a fini par nous retrouver, et j'ai passé la journée à m'exclamer «oooh, pretty!» Mention spéciale à la concentration étonnante de maisons biscornues, au gentil antiquaire dans une minuscule boutique pleine à craquer que j'ai soulagé d'une bouteille (qui a fait de moi la coqueluche du studio), et au cream tea gargantuesque chez Tiny Tim's Tearoom (ironiquement)!

Whitstable

Whitstable


J'ai profité de la lumière descendante pour mitrailler tous les jardins, portes et autres vieilles pierres rencontrés au passage (une étoile dorée pour Matt, mon photobomber émérite, qui attendait patiemment que je prenne mes photos... dans mes photos), mais en fin d'après-midi on avait pas mal fait le tour alors on a décidé de rentrer. J'avais manqué le coucher de soleil sur la mer la veille, je n'allais pas me faire avoir deux fois! Et comme vous pouvez le constater, je m'en suis donné à coeur joie... Plus tard ce soir-là, il a neigé. Je ne mens pas quand je dis qu'on gelait!

Whitstable

Le dimanche, c'était Pâques, et on a fini par comprendre que de toute façon il faisait toujours gris le matin, donc ça ne valait pas la peine de sortir avant midi. On avait eu la prescience de réserver une table dans un pub pour le dîner de Pâques (à 16h30, c'est peut-être plutôt un souper?), ce qui fait qu'on n'était pas stressés, ni pressés. On a fait la grasse matinée (perdu une heure dans le passage à l'heure d'été), marché encore un peu au bord de l'eau, pris un verre au soleil – en fait, le soleil s'est caché dès qu'on s'est assis dehors, mais on était trop bien, devant notre pub sur la plage, alors on est restés – en plus Matt venait (enfin!) de s'acheter un manteau d'hiver, on était parés à toute éventualité! J'essayais depuis notre arrivée de convaincre Matt de goûter sa première huître (quel meilleur endroit, vraiment?), mais n'étant pas une amatrice moi-même, je n'ai pas su me montrer très convaincante... Il a finalement craqué quand on s'est installés pour manger au pub, mais seulement à condition que j'en commande une aussi! Verdict: ça goûte surtout ce qu'on met dedans; moins de Tabasco, la prochaine fois... Après cet après-midi absolument éreintant, évidemment j'étais épuisée, alors on a changé de pub (pour la forme) et j'ai fait une petite sieste, incognito... Et on s'est couchés tôt! De toute évidence, on avait fini par réussir à se débarasser de notre rythme de vie de citadins.

Broadstairs

Broadstairs

Le lendemain il fallait déjà rentrer, mais on n'allait certainement pas se presser. On a repris le train dans la direction opposée à Londres pour aller voir un peu plus loin, de l'autre côté de la pointe; on pensait à Margate mais notre hôte nous a vivement conseillé de pousser plutôt jusqu'à Broadstairs, l'arrêt suivant, pour une bonne dose de «old English seaside charm». Et c'est là, à trimballer ma valise dans les rues en pente en repoussant le plus possible l'heure du retour, que je me suis sentie le plus en vacances. C'est décidé, Broadstairs, nous nous reverrons!

Whitstable Oyster Fishery

Finalement notre petit weekend dans le Kent valait pour moi tous les tout-inclus en Turquie. En fait, ce n'était pas si différent: on était entourés d'Anglais, on n'était pas équipés pour la température, et j'ai pesté pendant quatre jours d'avoir oublié mes lunettes de soleil!

Bonus: on s'est fait une petite séance de portraits dans un rayon de soleil au pub et le résultat me plaît bien, à voir ici!

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mercredi 6 février 2013

Blackheath & Ansel Adams

Blackheath

Il y a deux semaines, je me suis retrouvée avec un peu de temps libre et l'envie de prendre l'air. Pas assez de temps pour aller voir bien loin, mais Londres étant ce qu'elle est on y passe facilement un après-midi au grand air. Un vent de printemps soufflait et j'avais envie d'avancer dans ma liste d'expositions à visiter avant qu'elles se terminent (j'ai déjà manqué Hollywood Costume au V&A, quelle déception!), mais pas envie de passer une journée à l'intérieur non plus. J'ai décidé d'aller en direction de Greenwich pour voir Ansel Adams au National Maritime Museum (jusqu'au 28 avril pour les Londoniens); le plan initial était d'aller ensuite jeter un coup d'oeil au Thames Barrier Park, mais le sort en a décidé autrement...

Blackheath

Même si j'habite au nord-est de la ville et que Greenwich est plus ou moins au sud-est, j'ai découvert qu'il n'y avait pas vraiment de façon d'y aller en ligne droite sans bifurquer par le centre. J'ai donc pris un bus jusqu'à la station Cannon Street, dans la City, pour ensuite prendre un train (l'équivalent du train de banlieue de Montréal) qui me déposerait à Greenwich en quelques arrêts seulement. Sauf qu'une fois à Cannon Street, mon train ne passait pas avant 30 minutes, et laissez-moi vous dire que dans la City, un dimanche, 30 minutes à meubler, c'est long... J'ai fait jouer mes neurones d'experte en déplacements optimaux (c'est-à-dire que j'ai consulté la carte avant de sauter dans le premier train venu), et j'ai pris la direction de Blackheath, que je savais être le village juste au sud de Greenwich, de l'autre côté de la butte, mais où je n'étais jamais allée. J'ai failli descendre à Lewisham, l'arrêt précédent, tellement les jolies maisons et les rues en pente me faisaient de l'oeil... Il faudra que j'y retourne; ceci dit, Blackheath ne m'a pas déçue!

Blackheath

Ça m'a beaucoup fait penser à Hampstead, mais sans le côté clinquant et un peu arrogant de la belle fille qui sait qu'on la regarde. À Blackheath, il y a aussi de belles maisons (certaines plutôt cossues, et bien garnies en matière automobile), un petit centre charmant qui contient encore une majorité de boutiques n'appartenant pas à des chaînes, et un grand parc où se faire aérer les poumons; mais tout ça dans une atmosphère détendue, conviviale, de petit village où on s'imagine réellement vivre, pas juste en rêve. J'y ai passé un peu plus longtemps que prévu à découvrir des passages, des cours et des rues sans issue, à me réapproprier mon appareil-photo (tout en économisant la batterie puisque j'avais oublié l'autre, j'ai perdu mes bonnes habitudes), et à manger mon premier lunch en plein air de l'année. J'ai décidé d'en profiter pendant que j'y étais, mais comme les journées sont encore courtes j'ai dû dire adieu à ma balade au Thames Barrier Park. Meilleure chance la prochaine fois...

Blackheath

De Blackheath, j'ai pris un bus jusqu'à Greenwich (si c'était à refaire, je marcherais, mais je n'avais pas vraiment d'idée des distances) qui m'a déposée juste derrière le National Maritime Museum. Je n'ai pas d'intérêt particulier pour la marine et/ou les poissons alors je n'avais jamais vraiment eu envie d'y aller; j'étais passée devant plusieurs fois, c'est un très beau bâtiment. Cette fois-ci j'y suis entrée, pour voir l'expo du photographe américain Ansel Adams qui est renommé pour ses paysages sauvages en noir et blanc à couper le souffle. J'ai beaucoup aimé, ce n'était pas trop rempli malgré la queue d'une vingtaine de minutes, et j'ai trouvé vraiment intéressant de le voir lui-même expliquer ses techniques personnelles (en vidéo, pas en personne), de voir l'évolution de son style si intimement liée aux progrès technologiques au cours de sa carrière (à partir des années 1920 et jusqu'en 1980 environ), et de comprendre quelle vision il devait avoir pour proposer des paysages contrastés et tranchants au début du 20e siècle, alors que la mode était aux flous vaporeux et couleurs délavées. Sa maîtrise du noir et blanc est fascinante, et quoi qu'on en dise la photographie numérique a des croûtes à manger...

Blackheath

Je vous laisse sur deux citations qui m'ont bien plu:

«Le négatif, c'est comme une partition de musique: toute l'information est là. Mais la chambre noire, c'est l'interprétation: c'est là que le photographe s'exprime vraiment.»

«Quand les mots s'embrouillent, je fais la mise au point avec la photographie. Quand les images sont inadéquates, je me contente du silence.»

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dimanche 6 janvier 2013

I'm dreaming of a British Christmas

Christmas 2012
Ma petite déco festive
My little Christmas setup

Je commence avec un avertissement: ma récolte photographique est plus que maigre, je n'ai pas été très prolifique et j'ai effacé mes meilleures photos par erreur (note à moi-même: avant 10h le matin de Noël, c'est trop tôt pour appuyer sur tous les petits boutons!).  J'espère que mes mots réussiront quand même à faire image... Voilà, c'est parti pour le premier Noël d'une Québécoise à Londres!

J'en parle souvent, sur mon blog ou en-dehors: je trouve que le Québec a beaucoup plus d'affinités avec la Grande-Bretagne qu'avec la France, culturellement parlant. Évidemment, la langue est une barrière majeure, mais une fois franchie, on réalise vite que les Québécois sont plutôt des Anglais qui parlent français que des cousins Français expatriés... En tout cas, tout ça pour parler de dinde! Mais avant d'arriver à la dinde: la veille de Noël.

Même à l'intérieur du Québec, chaque famille fête un peu Noël à sa façon, alors c'est difficile de généraliser. Pareil de ce côté-ci, j'ai vécu mon Noël anglais dans une famille en particulier (celle de mon amoureux, pour les curieux), mais pour avoir enquêté un peu je crois que dans les grandes lignes ça se ressemble pas mal partout. Pour vous donner une idée de mon point de comparaison: dans ma famille, au Québec, le gros morceau des célébrations se passe le 24 décembre. On se rassemble à la maison en famille (plus ou moins élargie selon les années et les disponibilités), on cuisine (pas de dinde), et on réveillonne (pas de danse ni de jeux de société). On fait les cadeaux le soir même, on se couche tard, et les enfants, petits et grands, ont toute la journée du 25 pour jouer avec leurs nouveaux jouets!

Ici, en Angleterre, le 24 décembre (qu'on appelle invariablement Christmas Eve, pas 24th December) n'a pas autant d'importance. Beaucoup de gens travaillent, et pour les autres c'est la dernière journée pour finaliser ses achats et voyager pour rejoindre sa famille (sans le savoir, j'ai suivi cette tradition les deux années précédentes en prenant l'avion pour Montréal le 24!). On se rassemble en soirée pour prendre un verre au pub: c'est une bonne excuse pour revoir les gens à qui on ne donnerait pas nécessairement rendez-vous (des amis d'enfance ou des cousins éloignés que l'on retrouve en retournant dans sa ville d'origine), ou simplement pour faire la fête entre amis, comme les Anglais savent si bien le faire! Il est donc généralement admis que le matin de Noël comporte un solide déjeuner pour remettre la gueule de bois en place. Quand il y a des enfants dans la famille, il faut être préparé à un réveil brutal... Noël en lendemain de brosse, c'était un concept nouveau pour moi (mais je dois préciser que j'ai été très raisonnable, et j'étais juste fatiguée de m'être couchée tard)! Pas autant que la veille de Noël entre amis, qui m'a semblée tout aussi étrange, mais pas désagréable pour autant. Sauf que sous la pluie battante, ça ne faisait pas exactement Noël blanc...

Christmas 2012

Le matin de Noël, on se réveille au doux son de la pluie sur les carreaux, puis du tonnerre... Un bon gros orage le jour de Noël, rien pour me titiller l'esprit des Fêtes! Mince consolation: il a grêlé un peu, ça a fait comme des petits bancs de neige l'espace d'un instant (j'avais une photo qui a connu sa belle mort quelques minutes plus tard). Quand Mère Nature s'est calmée un peu, on est passés de la maison du père à celle de la soeur (et surtout, du neveu de 4 ans) pour le lancement officiel des festivités. Pendant qu'on finit une énième tasse de thé, le petit a commencé à ouvrir ses cadeaux. C'est un vrai marathon pour lui: le salon est presque entièrement couvert (j'avais une belle photo de l'enfant sur-stimulé, mais elle a disparu aussi). Tout le monde s'y met un peu en parallèle pour accélérer le processus, puis quelques heures (et quelques belles surprises!) plus tard, c'est l'heure de manger. C'est comme l'inverse de notre réveillon: plutôt que de s'empiffrer de 20h à minuit, on fait ça entre 14h et 16h à peu près. Dans ce cas-ci, les traditions se ressemblent: dinde, farce, sauce aux canneberges, pommes de terre rôties, légumes vapeur, sauce brune, et un Yorkshire pudding en plus (j'aurais voulu avoir une photo mais quand j'y ai pensé mon assiette était déjà vide). En fait, le Noël québécois est un peu un croisement de nos origines: on réveillonne à la française, mais on mange sensiblement la même chose que les Anglais (ce n'est pas tout le monde qui mange de la dinde – il n'y en a pas chez nous – mais en même temps je ne connais personne qui mange du foie gras et des marrons glacés à Noël au Québec). Il y avait de la bûche de Noël pour dessert, et mon premier Christmas pudding! Je ne comprends pas trop pourquoi les fruit cakes, Christmas puds et autres mince pies sont aussi polarisants: beaucoup de gens ne peuvent pas les sentir, mais en bout de course le mélange de fruits secs, d'épices, de sucre et d'alcool ne me semble pas si extrême... Ceci dit, je mange du gâteau aux fruits chaque année d'aussi loin que je me souvienne (tradition paternelle), alors j'étais bien préparée à l'expérience. Bon, le Christmas pudding, c'est dense, c'est sucré, et ça arrive quand on a déjà beaucoup trop mangé, mais en ce qui me concerne, avec un petit coup de crème, ça passe comme un charme!

Après le repas, tout le monde est pas mal somnolent, entre la soirée de la veille, le réveil prématuré et la surabondance de nourriture, alors on fait une petite sieste collective en regardant un film de Noël. Il se passe quand même quelques chocolats, quelques chips, entre deux tasses de thé... Puis pour se réactiver un peu, on sort les jeux de société, et le Christmas quiz! Je n'en ai jamais fait l'expérience mais beaucoup de pubs organisent des quiz régulièrement, auxquels tout le monde peut s'inscrire et gagner un prix en répondant correctement à une série de questions d'intérêt plus ou moins général. Pour des raisons culturelles évidentes, je ne suis pas vraiment au niveau côté trivia anglais, mais en version maison (et adaptée pour la Canadienne) c'est quand même le type de jeu que je tolère le mieux... après Pictionary peut-être!

À un moment j'ai un peu perdu la notion du temps, avec les repas décalés et la nuit qui commence à tomber à 15h... On a mangé un sandwich à la dinde en cours de soirée (et oui, on avait encore faim!), peut-être regardé encore un film ou deux, et fini un mot croisé avec l'aide de toute la famille... Généralement, Christmas Day est une journée plutôt relax où on peut prendre le temps de ne rien faire et juste... être ensemble. Pour nous le farniente s'est étalé sur quelques jours, et c'est vraiment ce qu'il me fallait! Ce n'était peut-être pas le Noël auquel je suis habituée, mais au moins c'était les vacances...

Christmas 2012

Quelques notes en vrac:
  • Les cartes de souhaits, ici, c'est du sérieux, surtout à Noël. Les gens s'en envoient à la tonne, et se les remettent aussi en main propre (surtout en famille, mais parfois aussi entre amis). Je trouve le geste touchant, mais inutile quand on voit les gens et qu'on passe du temps avec eux. Pour moi, la carte est une petite pensée pour ceux avec qui on n'aura pas de contact direct (les avez-vous reçues?), et j'aime bien y mettre les efforts nécessaires. Ici, un simple «Merry Christmas Machin, Love, Chose» suffit amplement. Après, on étale bien toutes les cartes sur le manteau de cheminée, et une fois Noël passé, hop, poubelle! Évidemment, pour être poli, il ne faut surtout pas arriver les mains vides, alors on serre les dents et on participe à la valse du papier gaspillé...
  • C'est peut-être juste moi, mais avec les cartes de souhait, le tricot de Noël est un autre incontournable du temps des Fêtes qui n'a pas vraiment décollé par chez nous. Moi qui me cassais la tête pour savoir quoi porter pour mon premier Noël dans la famille de mon amoureux, cherchant le bon équilibre de style festif, spécial, mais assez confortable pour passer la journée dedans, manger beaucoup, et jouer à quatre pattes avec un petit garçon énergique tout en faisant bonne impression... Matt m'a juste regardée comme si je me montais un bateau: mais, tu portes ton Christmas jumper, voyons! Ah, mais oui, fallait y penser: on le porte seulement à Noël (quand on est sain d'esprit) donc ça fait spécial, il peut être aussi discret ou flamboyant qu'on le désire (moi ça me prenait des couleurs fluo, évidemment), et pour le confort, on ne fait pas mieux! En plus, on reste bien au chaud. Voilà une tradition que je vais garder pas trop loin...
  • Pour se tenir chaud, un autre accessoire essentiel: le thé. Pas seulement un élément de cohésion au sein d'une équipe de travail, c'est aussi un point tournant du devoir d'hôtesse. Le principe est simple: beau temps, mauvais temps, jour ou soir, quand un visiteur arrive, il doit être muni d'un breuvage (chaud ou froid, alcoolisé ou soft) dans les 15 secondes après avoir passé la porte. Et pas question pour la visite de refuser, quand on vous offre à boire, vous acceptez (moi je joue la carte de l'étrangère et je me permets de refuser de temps en temps... et quand j'ai atteint mon quota de thé, je demande de l'eau. Oui, je vis sur la corde raide.)
  • Le déjeuner/dîner de lendemain de brosse par excellence: un sandwich au bacon, l'une de mes révélations culinaires personnelles de 2012. OK, on s'entend, dans notre tête de Québécois, ça sonne un peu décadent: le bacon, c'est un accompagnement, ça vient avec du poulet, ou des tomates, un oeuf, quelque chose... Ce serait comme un sandwich à la laitue, mais en beaucoup plus mauvais pour les artères. Sauf que le bacon anglais est différent: un peu l'équivalent de notre bacon de dos canadien, donc des tranches plus épaisses, moins striées de gras, et surtout moins cuites, quelque part entre la tranche de jambon salé (pas nécessairement fumé) et les minces tranches croustillantes que l'on connaît (le streaky bacon, tel qu'on l'appelle ici). Autant j'aime d'amour le streaky bacon, autant je n'ai pas développé d'attirance particulière pour le moite bacon anglais, jusqu'à ce qu'on me le serve en sandwich! Entre deux tranches blanches ou dans un petit roll croûté, avec plein de ketchup, il prend tout son sens... Il a le droit d'être moins croustillant et d'assumer son côté jambon, qui me fait déculpabiliser de manger un sandwich contenant exclusivement du bacon. La laitue, les tomates et l'avocat sont en option (mais fortement conseillés quand on a envie de changer). 
  • La nourriture anglaise a mauvaise réputation, et jusqu'à tout récemment je pensais que ce stéréotype était un reliquat d'une époque révolue. Il est vrai que la cuisine moderne dans les restaurants londoniens n'a rien à envier aux capitales gastronomiques du reste du monde; même dans les pubs, qu'ils soient gastro ou pas, on trouve presque partout un fish and chips ou un sausage roll passablement réussis qui en bouchent un coin, British-style. Bon, ce n'est pas tout le monde qui aime les patates au four garnies de purée et accompagnées de frites, le tout noyé de gravy, mais on ne peut nier que ça a son charme, et c'est même essentiel par une cinquième journée pluvieuse consécutive, préférablement avec une pinte de cidre pas trop loin... Mais dans la folie pré-Noël, quand on a beaucoup de monde à voir et que personne ne veut recevoir, on se retrouve un peu prisonnier des restaurants, pubs et autres auberges qui offrent des menus festifs pré-établis pour les groupes, et c'est là que ça devient triste. Un roast dinner maison, c'est bon, mais certains Anglais ont conservé, encore aujourd'hui, une fâcheuse tendance à tuer les légumes (carottes en compote et choux de bruxelles pré-mâchés, bonjour), à tout accompagner de pommes de terre et/ou de diverses sauces douteuses, et même parfois – scandale! – à sur-cuire la viande et/ou à la servir tiède. J'ai beaucoup aimé rencontrer plein de nouveaux gens et vivre l'esprit de Noël à l'anglaise, j'ai réussi à trop manger malgré tout (surtout du dessert, parce que là la tradition anglaise n'a vraiment pas son égal), mais après une semaine de pré- et post-festivités, j'avais peur d'avoir attrapé le scorbut...
  • En lien avec le point précédent, je pense que le contraste a été encore plus fort pour moi parce que je me suis gavée d'émissions de cuisine «spécial Noël» pendant tout le mois de décembre. J'adore les chefs anglais, leurs restaurants, leurs livres (déformation professionnelle) et leurs émissions. Ils sont nombreux, différents, inspirants: Nigella Lawson et Jamie Oliver bien sûr, les piliers de la nouvelle cuisine anglaise «maison», mais aussi le délirant Heston Blumenthal, le flamboyant Gordon Ramsay, le rassurant Hugh Fearnley Whittingstall, l'exotique Yotam Ottolenghi, la douce Lorraine Pascale, les sucrés Paul Hollywood et Mary Berry, et les moins connus comme Stevie Parle, Sam & Sam Clark, Rachel Khoo, et j'en passe... Je suis incapable de suivre religieusement une série télé mais j'aime bien tomber sur Masterchef, The Great British Bake-off, The Spice Trip, Jamie's 30 Minute Meals, Saturday Kitchen, et leurs émissions de Noël respectives. J'étais tout émoustillée à l'idée d'avoir plein de temps libre pour cuisiner, et de goûter à toutes ces spécialités que je ne connaissais pas. Finalement, la réalité est un peu différente, j'aurais dû m'en douter... J'ai quand même tenté mon premier boeuf Wellington, mais pour le reste je me suis laissée nourrir avec le plaisir inhérent au fait de ne pas avoir à faire à manger soi-même!
Mise à jour
Commentaire de ma grand-mère: «Ma mère (donc mon arrière-grand-mère, francophone, du fin fond de sa campagne québécoise) avait l'habitude de cuisiner un Christmas pudding à chaque année pour le souper de Noël.» C'est pas pour rien que je me sens anglaise!
Commentaire de Matt: «Je pense que tu exagères la quantité de thé qu'on boit.» Rien à ajouter.
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lundi 24 décembre 2012

Noël 2012 ::: Christmas 2012

Noël anglais

Cette année, c'est mon premier Noël anglais... Compte-rendu en 2013!

Joyeuses Fêtes!

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This year is my first English Christmas... All the details in 2013!

Happy holidays!

samedi 16 juin 2012

Amersham

Amersham in the woods

Amersham est un petit village de campagne typiquement anglais, et parfaitement semblable à des dizaines d'autres: entouré de collines verdoyantes, un vieux centre avec une vieille église, de vieilles maisons, un vieux marché, de vieux pubs, et une petite rivière tranquille à proximité. Toutefois, le principal attrait d'Amersham, en tout cas pour nous citadins, est d'être accessible en métro! À l'initiative de Dan, l'un de mes amis-Montréalais-rencontrés-à-Londres, nous sommes allés passer un après-midi à l'air frais, pour seulement quelques pounds et une quarantaine de minutes sur la Metropolitan line. Plusieurs trains sortent de terre à divers endroits sur le réseau de la TfL, mais ça fait vraiment un drôle d'effet d'être dans un métro presque vide, en pleine campagne, avec des vaches et des moutons dans les champs!

Old Amersham

Nous sommes arrivés sur l'heure du midi (après avoir bataillé avec les fans de football qui allaient à Wembley), juste au bon moment pour un burger chez Wimpy, apparemment un must en matière de fast food! Délaissant la rue commerciale sans âme du «nouveau» Amersham, nous avons pris une petite marche à travers boisés et champs pour arriver derrière l'église du «vieux» Amersham, où nous avons déambulé pour le reste de l'après-midi.

Market

Petit arrêt au marché où j'ai trouvé une ancienne édition illustrée des contes des frères Grimm, pendant que mes compagnons s'assuraient d'un bon échantillonnage dans leur étude des spécialités sucrées locales... Puis nous avons fait un bout de chemin sur l'un des nombreux sentiers publics qui sillonnent la campagne anglaise, avant de déclarer forfait pour cause de chaussures inappropriées. Nous avons plutôt fini la journée dans le beer garden d'un pub, à boire un cidre en regardant le match de cricket dans le parc d'à côté. Vous avez dit British?

Fancy shoes + dirt track

Bien fatigués par notre marche au grand air, nous avons repris le métro pour rentrer... en rencontrant, encore une fois, les fans de West Ham qui rentraient chez eux après le match. Gros contraste entre les gazouillis des petits oiseaux dans les champs, et les trains bondés débordant de cris de victoire échauffés!

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samedi 28 avril 2012

Un trop court weekend ::: Such a short weekend

Rue Pavée

J'ai passé l'avant-dernier weekend de mars (il y a un mois exactement... hem) à cheval entre Paris et Londres, dans une course contre la montre pour profiter le plus possible de la visite éclair de ma Julia préférée de ce côté-ci de l'Atlantique. Nous nous sommes rejoint chez Béa à Paris, pour notre premier souper toutes les trois réunies! C'est Julia qui m'a présenté Béa, par blogues interposés... Vous connaissez la suite. Mais jusqu'à ce jour, nous n'avions jamais été toutes les trois dans la même pièce! Ajoutez un époux, un chat et un pouding chômeur à minuit, la soirée ne pouvait qu'être réussie!

© jali

Nous avons aussi profité du temps magnifique pour faire de longues balades dans la ville. Le vendredi, nous avons débuté la journée à Bercy pour voir l'exposition de Tim Burton à la Cinémathèque Française (je l'attendais depuis ses débuts à New York il y a quelques années, je n'étais pas au Canada quand elle est passée par Toronto, et j'ignore si elle viendra jusqu'à Londres, mais je n'ai pas été déçue!) Puis nous avons  improvisé un pique-nique chez Franprix, à déguster dans le parc. Une baguette, du beurre et des MarronSui's au soleil, il n'en fallait pas plus pour nous rendre heureuses... sauf une chose, peut-être: une visite chez Merci, le plus beau magasin du monde!

© jali

© jali

Même si je nous ai perdues quinze fois en chemin et que nous avons fini par marcher de Bercy à Place de la République (via la Promenade Plantée, très agréable malgré les détours), le shopping en a valu la peine (sauf que le jus de pamplemousse fraîchement pressé et la limonade maison nous ont coûté la peau des fesses)... Puis nous avons retrouvé Béa qui finissait sa journée de travail pour aller prendre un verre au bord du canal Saint-Martin, avant de rentrer préparer le roi des desserts québécois: le fameux pouding chômeur de Julia, en grande primeur de ce côté de l'Atlantique, et sans gluten, s'il-vous-plaît!

Miroir dans le Marais

Inutile de dire qu'après une telle finale, nous avons dormi comme des bûches et démarré plutôt lentement le samedi matin. Nous avions tout juste le temps pour quelques courses dans le Marais avant d'attraper notre Eurostar... Mais nous avons quand même atteint l'un des objectifs majeurs du séjour: la fameuse salade de chez Prosper (avec une tartine gratinée de trois fromages différents et des tranches de pommes de terre frites, elle n'avait rien d'une bonne résolution). Dommage qu'on ait été aussi pressées, il aurait fait bon paresser sur la terrasse; il faudra y retourner pour le tartare!

Salade chez Prosper

Après le soleil de Paris, l'Eurostar nous a déposées dans l'habituelle purée de pois londonienne. Avec à peine 36 heures en banque, il fallait y aller à fond et nous n'avons pas perdu de temps: le samedi soir, j'avais prévu aller chez Morito, un bar-tapas sur Exmouth Market (incidemment, aussi un client du studio – le site web s'en vient!) dont je n'avais entendu que du bien. Puisqu'on ne peut pas réserver le soir, il a fallu passer donner notre nom, et puis nous sommes allées prendre un verre ailleurs (comme ça se fait beaucoup dans les restaurants très courus, qui savent qu'ils seront pleins même sans s'assurer de quelques tables à l'avance). On m'a appelée une petite heure plus tard, et trois places au comptoir nous attendaient! Ambiance joviale et décontractée, plats colorés, raffinés et délicieux à partager, le tout accompagné d'une bouteille de vin espagnol et pour un prix plus que raisonnable compte-tenu de la qualité: j'y retourne, c'est sûr! Pas étonnant que l'un de mes amis foodies, londonien de souche et bien branché, m'ait confié qu'il s'agit de son resto préféré...

© jali

© jali

Le dimanche, par chance, il a fait beau, et nous avons pu profiter du marché aux fleurs le matin (après un incontournable English breakfast à The Premises). Encore bien calées, nous avons poussé la visite touristique jusque dans Soho pour dévaliser la boutique du Transport Museum, puis prendre un cream tea (un peu bâclé et pas très authentique, mais mieux que rien) au café de la National Gallery. Nous avons continué à marcher vers l'ouest, à travers Green Park (après un arrêt chez Fortnum & Mason pour trouver de la vraie marmelade), puis Hyde Park, pour revenir dans l'est en métro. Et pour finir en beauté, un repas dans ce qui est devenu un incontournable de mon (ancien) quartier, j'ai nommé mon thaï préféré: Rosa's! Et puis finalement, retour à la maison, où nos tulipes du marché nous attendaient sagement. Ma Montréalaise franco-italo-mauricienne est repartie tôt le lendemain matin... Trop trop court!

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