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dimanche 16 février 2014

Glædelig Jul, København

Joyeux Noël, Copenhague

Boat tour

Vers la fin de l'année 2013 (je dis ça comme si c'était un passé lointain...), j'ai réalisé que j'avais plus de journées de congé que prévu et que je devais les prendre, ou les perdre, avant la fin de l'année.  Il a fallu faire preuve de créativité et d'ouverture (et surtout bien chercher dans tous les racoins de l'internet), parce que l'élément «voyage de dernière minute un mois avant Noël» nous compliquait quand même un peu la vie côté budget. On voulait aller quelque part en-dehors du Royaume-Uni, idéalement où on retrouverait un peu d'ambiance festive, et j'ai toujours un faible pour le côté romantique d'un voyage en train par rapport à l'avion; peut-être parce que ça me semble tellement européen? (Surtout dans l'imaginaire, hein, parce que dès que je pose mes fesses sur un siège qui fait face à l'arrière même si j'avais réservé la bonne direction, avec des voisins qui parlent fort de choses insignifiantes, les odeurs de leur nourriture et de la toilette qui se mélangent, le manque d'espace et les délais, retards, et autres problèmes techniques, je reviens rapidement sur terre...) Bref, nous avons commencé à regarder dans les environs de la Belgique, l'Allemagne ou la France, avant de nous rendre à l'évidence: à deux semaines d'avis, le train, c'était mort. Et s'il lui restait encore un dernier râle d'agonie, c'était pour être définitivement achevé par le prix des hôtels, auberges, et autres B&B.

Rådhuspladsen

Je ne me souviens pas bien comment nous nous sommes retrouvés à chercher un peu tout et n'importe quoi sur le site d'EasyJet, pour tomber par hasard sur des billets vraiment pas chers pour Copenhague. On se pose quand même un peu la question: oui apparemment Copenhague c'est l'endroit le plus cool sur terre (ce n'était pas moi qui le disais à l'époque – maintenant oui!), mais ça ressemble à quoi en décembre? Et surtout, c'est quoi l'attrape, on croyait que c'était hyper cher, la Scandinavie? Puis la Québécoise en moi sort de son hibernation et arrive avec ses skis; même si, dans le pire des cas, il neigeait et/ou qu'il faisait -30, on en a vu d'autres, quand même (vraiment, je deviens trop anglaise...)! Mes derniers doutes quant au nombre d'heures d'ensoleillement se sont évaporés au moment où je me suis rappelé les collections de Noël féériques chez Ikea (oui, je sais que c'est suédois). À nous deux, hiver scandinave!

The Lakes

Après mon baptême EasyJet (sans encombres), nous sommes arrivés en terre danoise vers 14h un samedi de décembre. L'aéroport est relativement près du centre et facile d'accès en transports en commun, alors nous étions en ville vers le milieu de l'après-midi. La lumière commençait à baisser... Le temps de trouver le bon autobus, «notre» appartement et la gentille Rikke qui nous le prêtait (via Airbnb)*, il faisait complètement noir! Voilà, c'était donc vrai, les journées sont courtes – pires qu'en Angleterre, où je remarque déjà une nette différence avec le Québec. Tant pis, la vie continue, c'est comme la pluie à Londres: tout le monde fait semblant de ne pas la voir! Donc nous sommes sortis marcher pour commencer à nous situer et avoir une idée des distances. Autant faire notre repérage dans le noir, si c'est comme ça que se passerait 75% du séjour!

The Lakes

Botanisk Have

L'autre problème c'est que le soleil se lève tard le matin, donc malgré nos bonnes intentions nous étions rarement sortis de chez nous avant la fin de l'avant-midi. En même temps, quand on est en vacances, on peut bien se permettre de faire la grasse matinée... Nous habitions dans Nørrebro, dans le nord-ouest de la ville, juste de l'autre côté des lacs artificiels qui délimitent la frontière avec le centre-ville. Le dimanche matin (midi), nous sommes allés les longer (de clarté!) pour traverser au niveau du Statens Museum for Kunst. Il faisait beau et nous avions plutôt envie de découvrir la ville que de passer une heure au musée, alors nous avons continué notre chemin, avec un petit détour par le jardin botanique et sa serre pour se réchauffer!

Nyhavn

Boat tour

Nous avons ensuite continué à marcher jusqu'à Nyhavn, la petite rue pittoresque au bord de l'eau qui attire tous les touristes. Il y avait un marché de Noël, pas trop de monde, nous avons déambulé en mangeant un hot dog français, c'était plutôt charmant! Déjà le soleil commençait à menacer de disparaître, alors nous avons sauté sur un bateau guidé pour aller visiter la ville par ses canaux. J'avais fait un tour semblable à Amsterdam, ce n'est pas fameux pour se retrouver à pied après, mais au moins ça place les plus gros morceaux. Et même si on a gelé, le coucher de soleil était magnifique!

Carlsberg Museum

Tivoli

En fin d'après-midi (dans le noir), nous avons pris un bus pour nous rendre au musée Carlsberg, mais malgré l'aide d'un bon Samaritain qui nous a indiqué l'arrêt où descendre, nous avons eu du mal à trouver et sommes arrivés juste après la fermeture... Un peu dépités, nous avons erré jusqu'à revenir dans le centre, et décidé d'aller voir Tivoli; impossible de rester de mauvaise humeur dans un endroit pareil! Tivoli, c'est un espèce de parc d'amusements en plein centre de la ville, où on pourrait facilement rester une journée entière. Ce n'est pas immense, mais il y a des manèges bien sûr, et aussi des théâtres et salles de spectacles, de nombreux restaurants, cafés et boutiques, le tout dans de jolis jardins aménagés. Et le soir, avec toutes les lumières colorées, c'est vraiment féérique! Même le «quétaine», les Scandinaves le font avec goût...

Petzi!

À Tivoli, j'ai aussi renoué avec un ami d'enfance, oublié depuis longtemps: Petzi, dont je lisais les aventures avant de dormir. Je ne savais même pas qu'il était danois! De même que les Lego, Hans Christian Andersen et toutes ses histoires dont je raffolais (dans leurs versions originales autant que Disney), et plein d'autres détails remarqués un peu partout durant notre voyage. Des choses qui me semblaient soudainement familières pour les avoir déjà vues, petite; que ce soit un personnage, un nom, un lieu, un style d'illustration... Je n'avais jamais réalisé que mon imaginaire d'enfant avait été autant marqué par l'univers scandinave!

Danske Cykelhandlere

Nous sommes rentrés, à pied encore une fois, et c'est après cette première journée que nous avons vraiment compris que le vélo, à Copenhague, ce n'est pas juste un style. C'est une réelle nécessité, dans une ville où tout est un peu trop loin pour marcher, mais un peu trop proche pour justifier de prendre les transports en commun (apparemment très chers!). Et en plus, bonus: c'est tout plat partout! Matt avait des fourmis dans les jambes, mais je ne me sentais pas à l'aise de me déplacer en vélo dans une ville que je ne connais pas, j'y voyais plus une entrave à notre liberté qu'un réel avantage. Ce sera pour la prochaine fois...

Boat tour

C'est donc à pied que nous sommes repartis le lendemain, lundi, pour aller visiter les boutiques que j'avais repérées mais qui étaient toutes fermées le dimanche. Nous avons eu du mal à trouver la première, Designer Zoo, et encore plus à décider quoi rapporter dans nos valises déjà bien remplies (enfin c'est plutôt moi, l'acheteuse indécise, je pense que ça ne surprend personne). Après avoir fait quelques autres magasins, j'ai réalisé qu'on retrouvait un peu les mêmes trucs partout. Au moins j'avais déniché mon petit magot dans une boutique indépendante hors du centre, pas un grand magasin touristique, et puis je n'ai pas revu exactement ce que j'avais acheté ailleurs, alors je pense m'en être plutôt bien sortie! Nous avons aussi fait un petit tour à Playtype, Hay, et l'incontournable Illums Bolighus. Imaginez un immense magasin à rayons, type John Lewis ou La Baie, rempli exclusivement de ce qui ne compose habituellement qu'une petite section «scandinave». Tout, tout, tout était beau, bien fait, intelligent, noble, minimaliste, ludique, coloré, désirable, à en avoir mal à la tête... Il a fallu que je sorte. C'était il y a plus de deux mois et j'en ai encore le coeur serré rien qu'à y penser...

The Little Mermaid

Entre deux magasins, nous sommes allés prendre une bouffée d'air frais au bord de l'eau, un peu en retrait du centre, où se trouve la fameuse Petite Sirène. La pauvre, elle a beau être hors des sentiers battus, elle est toujours entourée de nonos, et on lui a fichu un bel arrière-plan d'usines et d'entrepôts... J'ai fait l'obligatoire photo de groupe pour des touristes japonais, qu'ils arrêtent leurs niaiseries, puis pris quelques photos de la belle pendant qu'on était tranquilles. Pour rester dans le thème, nous avons fini la journée avec un tour du musée HC Andersen – déception numéro un du voyage, c'était cher et ce n'était rien du tout, à moins d'avoir envie de se faire raconter ses contes les plus connus en appuyant sur un bouton...

Tivoli

Et juste comme on commençait à se sentir installés, c'était déjà le jour du départ! Pas le temps de faire grand chose d'autre qu'une dernière marche, et un tour de métro pour retourner à l'aéroport. Fait intéressant: les métros n'ont pas de cabine pour le conducteur (pas de conducteur du tout?) donc on peu être assis directement en avant, aux premières loges pour voir défiler les tunnels! Ceux à qui le «siège du touriste» dans les autobus de Londres (le premier en avant, en haut) donne donne des sensations fortes, n'y pensez même pas!

Boat tour

J'ai quitté Copenhague en ayant l'impression d'être restée sur ma faim. Nous avons fait plein de choses, mais il y en a tellement d'autres que j'aurais voulu faire! Nous n'avons vu aucun musée, même pas mis les pieds dans la plupart des quartiers, pas vraiment profité des restaurants non plus, ni même fait de vélo... Je suis définitivement de ce type de voyageurs qui aiment retourner aux mêmes endroits et se créer des habitudes, plutôt que de découvrir de nouveaux endroits à tout prix. Je perds un peu mes moyens quand je me retrouve dans un endroit totalement inconnu, ce que j'aime c'est y vivre comme les locaux, et ça, ça prend un peu de temps. N'empêche, il y a quand même quelques nouvelles destinations sur la liste, avant de pouvoir recommencer à faire le tour de ce que j'ai déjà vu... Peu importe, on se reverra, Copenhague, c'est sûr!

Boat tour

*Attention, message d'intérêt public: chercher un appartement à Copenhague sur Airbnb, c'est à la fois excitant, déprimant, et totalement addictif. Mais qu'est-ce qu'ils ont, tous ces Scandinaves, à avoir un goût infaillible?

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dimanche 28 avril 2013

J'ai craqué ::: I caved


Je n'aime pas les téléphones intelligents. On dirait que plus le téléphone l'est, moins l'utilisateur le devient... Partout où je vais les gens ont le nez collé sur leur petit écran comme si leur vie en dépendait. Dans l'autobus ou le train, personne ne regarde le paysage; tout le monde joue à je ne sais quel ramollisseur de cerveau. Pareil dans le métro, c'est plus facile d'interagir avec une machine qu'avec les humains autour. Au pub ou au restaurant, tous les convives gardent leur portable bien en vue, à portée de la main, au cas où quelqu'un de plus intéressant tenterait d'entrer en contact. Quand on discute, qu'on débat, qu'on se pose des questions et qu'on émet des hypothèses farfelues, il y en a toujours un pour sortir Google de sa poche et couper court à l'échange d'idées. Plus de moments de silence et de contemplation: dès qu'on a un temps mort, on se connecte aux réseaux sociaux. Partout, tout le temps.


J'ai vaillamment résisté le plus longtemps possible mais depuis janvier, je suis passée du côté obscur: j'ai délaissé mon fidèle petit Nokia pour un rutilant iPhone 5. Je n'avais jamais eu de cellulaire tout court avant d'adopter mon premier Nokia à £4 à l'âge vénérable de 25 ans; je savais à peine me servir de l'écran tactile et j'étais convaincue que j'allais me le faire arracher des mains aussitôt que je le sortirais en public. Mais ce qui m'a fait changer d'avis, c'est la caméra.


Je suis perpétuellement en mode photo. Je vois du beau partout, je m'excite quand la lumière est belle, je cadre dans ma tête, et je trouvais extrêmement frustrant de ne pas pouvoir transporter mon monstre de reflex partout avec moi. Même en voyage, c'est devenu une corvée, alors pas question de l'emmener au boulot tous les jours, prendre des marches, faire les courses... Par contre, mon ami iPhone, il est toujours dans ma poche. Je m'étais promis de continuer à utiliser mon reflex pour les «vraies» sorties photo, mais je suis allée à Paris il y a un mois environ, et je l'ai laissé à Londres (une minute de silence). J'ai fait toutes mes photos avec le téléphone, et j'ai retouché dans le train au retour!


Enfin, tout ça pour dire que je suis bien évidemment sur Instagram (@atoutoiseau), qui m'aime me suive! (Et pour ceux qui ont encore le coeur pur, pas besoin d'un téléphone intelligent pour me suivre, passez par ici.)



J'aime bien les filtres Instagram mais on a rapidement fait le tour. J'ai essayé 100 Cameras mais je trouvais que les filtres étaient «trop», et qu'il y avait trop de choix. Plus récemment j'ai découvert VSCO CAM, qui me plaît bien, mais c'est Afterlight que je préfère et que j'utilise le plus en ce moment!

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mercredi 10 avril 2013

Un weekend au bord de la mer ::: A weekend by the sea

Whitstable

Quand on s'y prend trop à la dernière minute pour organiser des vacances pendant un weekend férié où tout le monde est aussi en vacances, on peut s'attendre être déçu. Par exemple, pour aller à un endroit où il fait soleil et surtout, chaud (à la fin mars quand même, et avec l'hiver qu'on a eu en plus), il faut pratiquement payer le billet d'avion aussi cher que pour aller au Canada (où, ceci dit, il ne fait pas tellement chaud à la fin mars). Et c'est garanti que peu importe où on va, on se retrouve au milieu de plein d'autres Britanniques en sévère carence de vitamine D. Mais en réalité, en mélangeant un peu d'opportunisme, beaucoup d'ouverture d'esprit, et une pincée de conseils d'amis, on peut se retrouver avec un petit congé de Pâques plutôt pas mal!

Whitstable

J'avais envie d'aller à la plage, Matt avait envie de rester «local»; comme le jury n'a pas encore tranché qui de nous deux connaît le mieux la Grande-Bretagne (là je suis diplomate, vous savez de quel côté je me range, je pense...), j'ai décidé de sonder d'autres Britanniques de mon entourage pour ramasser des suggestions. Parmi les résultats les plus probants, pour ceux que ça intéresse: Bournemouth, Rye, Margate, Broadstairs, Whitstable... Au début on penchait pour Rye, petite ville médiévale du côté de la Manche, pas directement au bord de la mer mais juste à côté de Camber Sands et d'une réserve naturelle, mais on n'a pas trouvé à se loger. Comme il y avait une bonne concentration de recommandations similaires dans un rayon relativement restreint (dans le Kent, de part et d'autre de la pointe qui s'avance dans la mer du Nord), on a plutôt décidé de commencer par trouver un endroit où dormir (à une semaine d'avis, avant un congé scolaire, c'est sportif), et c'est à Whitstable (notre deuxième choix après Rye, un village de pêcheurs devenu ville-dortoir pour les courageux qui se tapent 1h30 de train deux fois par jour) que nous avons réussi à dénicher un petit B&B à mi-chemin entre la gare et la plage. Parfait!

The Pearsons Arms

Whitstable

On est partis sans trop d'attentes, faute de temps pour s'organiser vraiment, et sachant qu'on avait surtout besoin d'un weekend sans obligations. Tant qu'à ne rien faire, autant le faire au bord de la mer! Après avoir déposé nos valises le vendredi sur l'heure du midi (départ un peu tôt de Victoria quand même), j'étais impatiente d'aller respirer l'air marin. J'ai été déçue: apparemment, avoir un gros rhume, ça ampute un peu les plaisirs olfactifs... Je ne l'ai peut-être pas respiré, mais je l'ai certainement senti, ce vent du large: au bord de l'eau, on gelait! Mais le ciel bleu était au rendez-vous, alors on a juste pris le temps de se poser dans un pub près de la plage pour manger le meilleur fish and chips de ma vie au bord d'un feu de foyer (rien de moins) avant d'attaquer une longue marche sur la promenade, jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus et qu'on doive s'abriter à nouveau. Notre seule option: un petit resto en haut d'une colline avec une vue à couper le souffle, où on a mangé un gâteau et bu un bon thé bien chaud. Puis on est rentrés par la route, nettement moins venteuse, on s'est arrêtés au soleil sur un banc dans le jardin du château de Whitstable, fait quelques boutiques dans le centre du village, et trouvé deux-trois trucs légers à grignoter en guise de souper (oui, on a un fond, quand même...)

Crooked house, Canterbury

Greyfriars Garden, Canterbury

On s'est levés à une heure raisonnable le lendemain matin, samedi, pour aller visiter Canterbury. On savait comment s'y rendre en autobus puisque c'est à moins de 15 kilomètres de Whitstable, mais ça fait quand même drôle de traverser la campagne anglaise au deuxième étage d'un autobus londonien! Encore une fois, on n'avait rien préparé, Matt n'était pas sûr d'y être déjà allé (finalement, non), mais comme j'avais déjà vu Oxford et Cambridge, j'avais quand même une bonne idée du type d'endroit. Sauf que finalement, c'était mieux qu'Oxford et Cambridge! Plus petit, moins de touristes (sauf autour de la cathédrale, qui charge £9 l'entrée, non merci), plein de petits magasins authentiques pas encore avalés par les grandes chaînes, et toutes sortes de recoins intéressants à découvrir. Il faisait un peu nuageux à l'arrivée, mais le soleil a fini par nous retrouver, et j'ai passé la journée à m'exclamer «oooh, pretty!» Mention spéciale à la concentration étonnante de maisons biscornues, au gentil antiquaire dans une minuscule boutique pleine à craquer que j'ai soulagé d'une bouteille (qui a fait de moi la coqueluche du studio), et au cream tea gargantuesque chez Tiny Tim's Tearoom (ironiquement)!

Whitstable

Whitstable


J'ai profité de la lumière descendante pour mitrailler tous les jardins, portes et autres vieilles pierres rencontrés au passage (une étoile dorée pour Matt, mon photobomber émérite, qui attendait patiemment que je prenne mes photos... dans mes photos), mais en fin d'après-midi on avait pas mal fait le tour alors on a décidé de rentrer. J'avais manqué le coucher de soleil sur la mer la veille, je n'allais pas me faire avoir deux fois! Et comme vous pouvez le constater, je m'en suis donné à coeur joie... Plus tard ce soir-là, il a neigé. Je ne mens pas quand je dis qu'on gelait!

Whitstable

Le dimanche, c'était Pâques, et on a fini par comprendre que de toute façon il faisait toujours gris le matin, donc ça ne valait pas la peine de sortir avant midi. On avait eu la prescience de réserver une table dans un pub pour le dîner de Pâques (à 16h30, c'est peut-être plutôt un souper?), ce qui fait qu'on n'était pas stressés, ni pressés. On a fait la grasse matinée (perdu une heure dans le passage à l'heure d'été), marché encore un peu au bord de l'eau, pris un verre au soleil – en fait, le soleil s'est caché dès qu'on s'est assis dehors, mais on était trop bien, devant notre pub sur la plage, alors on est restés – en plus Matt venait (enfin!) de s'acheter un manteau d'hiver, on était parés à toute éventualité! J'essayais depuis notre arrivée de convaincre Matt de goûter sa première huître (quel meilleur endroit, vraiment?), mais n'étant pas une amatrice moi-même, je n'ai pas su me montrer très convaincante... Il a finalement craqué quand on s'est installés pour manger au pub, mais seulement à condition que j'en commande une aussi! Verdict: ça goûte surtout ce qu'on met dedans; moins de Tabasco, la prochaine fois... Après cet après-midi absolument éreintant, évidemment j'étais épuisée, alors on a changé de pub (pour la forme) et j'ai fait une petite sieste, incognito... Et on s'est couchés tôt! De toute évidence, on avait fini par réussir à se débarasser de notre rythme de vie de citadins.

Broadstairs

Broadstairs

Le lendemain il fallait déjà rentrer, mais on n'allait certainement pas se presser. On a repris le train dans la direction opposée à Londres pour aller voir un peu plus loin, de l'autre côté de la pointe; on pensait à Margate mais notre hôte nous a vivement conseillé de pousser plutôt jusqu'à Broadstairs, l'arrêt suivant, pour une bonne dose de «old English seaside charm». Et c'est là, à trimballer ma valise dans les rues en pente en repoussant le plus possible l'heure du retour, que je me suis sentie le plus en vacances. C'est décidé, Broadstairs, nous nous reverrons!

Whitstable Oyster Fishery

Finalement notre petit weekend dans le Kent valait pour moi tous les tout-inclus en Turquie. En fait, ce n'était pas si différent: on était entourés d'Anglais, on n'était pas équipés pour la température, et j'ai pesté pendant quatre jours d'avoir oublié mes lunettes de soleil!

Bonus: on s'est fait une petite séance de portraits dans un rayon de soleil au pub et le résultat me plaît bien, à voir ici!

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mercredi 6 février 2013

Blackheath & Ansel Adams

Blackheath

Il y a deux semaines, je me suis retrouvée avec un peu de temps libre et l'envie de prendre l'air. Pas assez de temps pour aller voir bien loin, mais Londres étant ce qu'elle est on y passe facilement un après-midi au grand air. Un vent de printemps soufflait et j'avais envie d'avancer dans ma liste d'expositions à visiter avant qu'elles se terminent (j'ai déjà manqué Hollywood Costume au V&A, quelle déception!), mais pas envie de passer une journée à l'intérieur non plus. J'ai décidé d'aller en direction de Greenwich pour voir Ansel Adams au National Maritime Museum (jusqu'au 28 avril pour les Londoniens); le plan initial était d'aller ensuite jeter un coup d'oeil au Thames Barrier Park, mais le sort en a décidé autrement...

Blackheath

Même si j'habite au nord-est de la ville et que Greenwich est plus ou moins au sud-est, j'ai découvert qu'il n'y avait pas vraiment de façon d'y aller en ligne droite sans bifurquer par le centre. J'ai donc pris un bus jusqu'à la station Cannon Street, dans la City, pour ensuite prendre un train (l'équivalent du train de banlieue de Montréal) qui me déposerait à Greenwich en quelques arrêts seulement. Sauf qu'une fois à Cannon Street, mon train ne passait pas avant 30 minutes, et laissez-moi vous dire que dans la City, un dimanche, 30 minutes à meubler, c'est long... J'ai fait jouer mes neurones d'experte en déplacements optimaux (c'est-à-dire que j'ai consulté la carte avant de sauter dans le premier train venu), et j'ai pris la direction de Blackheath, que je savais être le village juste au sud de Greenwich, de l'autre côté de la butte, mais où je n'étais jamais allée. J'ai failli descendre à Lewisham, l'arrêt précédent, tellement les jolies maisons et les rues en pente me faisaient de l'oeil... Il faudra que j'y retourne; ceci dit, Blackheath ne m'a pas déçue!

Blackheath

Ça m'a beaucoup fait penser à Hampstead, mais sans le côté clinquant et un peu arrogant de la belle fille qui sait qu'on la regarde. À Blackheath, il y a aussi de belles maisons (certaines plutôt cossues, et bien garnies en matière automobile), un petit centre charmant qui contient encore une majorité de boutiques n'appartenant pas à des chaînes, et un grand parc où se faire aérer les poumons; mais tout ça dans une atmosphère détendue, conviviale, de petit village où on s'imagine réellement vivre, pas juste en rêve. J'y ai passé un peu plus longtemps que prévu à découvrir des passages, des cours et des rues sans issue, à me réapproprier mon appareil-photo (tout en économisant la batterie puisque j'avais oublié l'autre, j'ai perdu mes bonnes habitudes), et à manger mon premier lunch en plein air de l'année. J'ai décidé d'en profiter pendant que j'y étais, mais comme les journées sont encore courtes j'ai dû dire adieu à ma balade au Thames Barrier Park. Meilleure chance la prochaine fois...

Blackheath

De Blackheath, j'ai pris un bus jusqu'à Greenwich (si c'était à refaire, je marcherais, mais je n'avais pas vraiment d'idée des distances) qui m'a déposée juste derrière le National Maritime Museum. Je n'ai pas d'intérêt particulier pour la marine et/ou les poissons alors je n'avais jamais vraiment eu envie d'y aller; j'étais passée devant plusieurs fois, c'est un très beau bâtiment. Cette fois-ci j'y suis entrée, pour voir l'expo du photographe américain Ansel Adams qui est renommé pour ses paysages sauvages en noir et blanc à couper le souffle. J'ai beaucoup aimé, ce n'était pas trop rempli malgré la queue d'une vingtaine de minutes, et j'ai trouvé vraiment intéressant de le voir lui-même expliquer ses techniques personnelles (en vidéo, pas en personne), de voir l'évolution de son style si intimement liée aux progrès technologiques au cours de sa carrière (à partir des années 1920 et jusqu'en 1980 environ), et de comprendre quelle vision il devait avoir pour proposer des paysages contrastés et tranchants au début du 20e siècle, alors que la mode était aux flous vaporeux et couleurs délavées. Sa maîtrise du noir et blanc est fascinante, et quoi qu'on en dise la photographie numérique a des croûtes à manger...

Blackheath

Je vous laisse sur deux citations qui m'ont bien plu:

«Le négatif, c'est comme une partition de musique: toute l'information est là. Mais la chambre noire, c'est l'interprétation: c'est là que le photographe s'exprime vraiment.»

«Quand les mots s'embrouillent, je fais la mise au point avec la photographie. Quand les images sont inadéquates, je me contente du silence.»

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samedi 16 juin 2012

Amersham

Amersham in the woods

Amersham est un petit village de campagne typiquement anglais, et parfaitement semblable à des dizaines d'autres: entouré de collines verdoyantes, un vieux centre avec une vieille église, de vieilles maisons, un vieux marché, de vieux pubs, et une petite rivière tranquille à proximité. Toutefois, le principal attrait d'Amersham, en tout cas pour nous citadins, est d'être accessible en métro! À l'initiative de Dan, l'un de mes amis-Montréalais-rencontrés-à-Londres, nous sommes allés passer un après-midi à l'air frais, pour seulement quelques pounds et une quarantaine de minutes sur la Metropolitan line. Plusieurs trains sortent de terre à divers endroits sur le réseau de la TfL, mais ça fait vraiment un drôle d'effet d'être dans un métro presque vide, en pleine campagne, avec des vaches et des moutons dans les champs!

Old Amersham

Nous sommes arrivés sur l'heure du midi (après avoir bataillé avec les fans de football qui allaient à Wembley), juste au bon moment pour un burger chez Wimpy, apparemment un must en matière de fast food! Délaissant la rue commerciale sans âme du «nouveau» Amersham, nous avons pris une petite marche à travers boisés et champs pour arriver derrière l'église du «vieux» Amersham, où nous avons déambulé pour le reste de l'après-midi.

Market

Petit arrêt au marché où j'ai trouvé une ancienne édition illustrée des contes des frères Grimm, pendant que mes compagnons s'assuraient d'un bon échantillonnage dans leur étude des spécialités sucrées locales... Puis nous avons fait un bout de chemin sur l'un des nombreux sentiers publics qui sillonnent la campagne anglaise, avant de déclarer forfait pour cause de chaussures inappropriées. Nous avons plutôt fini la journée dans le beer garden d'un pub, à boire un cidre en regardant le match de cricket dans le parc d'à côté. Vous avez dit British?

Fancy shoes + dirt track

Bien fatigués par notre marche au grand air, nous avons repris le métro pour rentrer... en rencontrant, encore une fois, les fans de West Ham qui rentraient chez eux après le match. Gros contraste entre les gazouillis des petits oiseaux dans les champs, et les trains bondés débordant de cris de victoire échauffés!

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mardi 12 juin 2012

Hambourg ::: Hamburg

Planten un Blomen


Je vais arrêter de culpabiliser et de m'excuser, et accepter que la vraie vie prend parfois le pas sur la vie de blogueuse. Je sais qu'il y a quelques lecteurs/lectrices fidèles parmi vous qui revenez régulièrement prendre des nouvelles, que vous me connaissiez personnellement ou pas... Je l'apprécie énormément, et en tant que lectrice assidue je comprends la déception de voir un blog qu'on aime tomber dans l'oubli; j'espère que vous comprendrez toutefois que même si j'adore faire de la photo et écrire, je manque parfois de temps et ce n'est malheureusement pas une priorité en ce moment, mais je n'oublie pas! Et puis j'ai plein de choses à vous raconter: si je suis absente de la blogosphère, c'est parce que je suis occupée à vivre, voyager et découvrir!


Port of Hamburg

À la fin du mois d'avril, j'ai passé un weekend à Hambourg. C'était ma toute première fois en Allemagne, et j'avoue que malgré tous les commentaires positifs reçus à l'égard de Berlin, j'étais un peu craintive. J'avais donc proposé à Vanessa d'y aller avec elle, la prochaine fois; je la sais amoureuse de ce pays, et j'étais curieuse de voir pourquoi! Par contre, avec sa résolution 2012 de ne pas retourner aux endroits qu'elle a déjà visités, Berlin et plusieurs autres villes allemandes étaient déjà hors de question... Jusqu'à ce que sa copine Sophie nous propose de nous accueillir chez elle à Hambourg; on s'est payé un weekend de québécoises en exil! Évidemment, avoir une guide locale a fait une énorme différence. Sophie nous a emmenées voir les points touristiques, mais aussi les secrets des Hambourgeois (huhu); et comme elle y vit depuis plusieurs années, son Allemand est parfait (je parle de la langue, pas de son copain, ho!), et avec Vanessa qui se débrouille bien aussi, je n'avais qu'à me laisser entraîner!

Isemarkt

Vanessa et moi avons quitté Londres tôt le vendredi matin, pour arriver à Hambourg sur l'heure du midi. Sophie nous a emmenées découvrir son quartier au soleil, en commençant par Isemarkt, un marché couvert par les rails du métro sur un kilomètre; on peut donc manger tout le long et faire de l'exercice en même temps! Ça m'a donné un aperçu de l'horizon culinaire allemand, et ouvert l'appétit pour le lunch dans un charmant petit café.

Dom

Sievekingplatz

Pendant l'après-midi, nous avons poussé la marche jusque dans les environs de St. Pauli, le quartier d'une des équipes de football de la ville reconnaissable à son drapeau de pirates. Nous sommes passées par le Dom (une fête foraine juste à côté d'un ancien bunker), puis par le Planten un Blomen (un grand parc aux allures de jardin botanique). Bien fatiguées et un peu gelées, nous avons trouvé un café où nous poser un peu avant d'aller prendre un verre et manger avec un ami français de Vanessa, aussi établi à Hambourg.

Hamburg City Centre

Le samedi, le temps était un peu moins radieux, donc parfait pour un petit peu de magasinage en ville! Entre deux boutiques, nous avons réussi à voir l'hôtel de ville, une partie du lac et le port (Hambourg est une ville portuaire et compte apparemment plus de ponts sur ses nombreux canaux que Londres, Venise et Amsterdam réunies!). Ce moment a aussi été déterminant: j'ai découvert que les Allemandes sont grandes, et aiment les belles chaussures. Ce qui veut dire que je pouvais trouver ma taille dans plein de modèles qui me plaisaient! J'avais seulement assez de place pour une paire de sandales, mais j'ai précieusement archivé cette information...

Elbe

La dernière journée est arrivée et même si Sophie avait rapidement compris que ma façon de découvrir un pays passe par l'estomac, je n'avais toujours pas mangé de saucisse allemande, ni de choucroute. J'ai remédié à la currywurst, mais pour la sauerkraut ce sera la prochaine fois! Avant la saucisse, nous avons fait un tour de bateau sur l'Elbe, jusqu'à la plage de Hambourg; il faisait plutôt frisquet (et très venteux), alors seuls quelques chiens osaient patauger, mais ça doit être génial (et bondé) en été... Pas mal!

Elbe

Et puis c'était déjà tout, après une glace (incontournable allemand s'il en est), la pluie de Londres nous attendait de pied ferme... Je suis vraiment contente d'avoir brisé la glace avec l'Allemagne, je ne sais pas de quoi j'avais peur; j'ai réussi à attraper quelques mots, mais je vais devoir travailler mon allemand si je veux y retourner toute seule!

Beach in Hamburg

Merci à Vanessa pour avoir écrit son article avant moi, et mémorisé les informations que j'avais oubliées! Et surtout, merci à Sophie pour l'accueil, le pain maison et le beurre d'arachides Kraft au petit-déjeuner!

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