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dimanche 24 janvier 2016
Hola Barcelona
Le problème qui se pose et m'empêche de publier régulièrement (outre le manque de temps... et la paresse), c'est mon obsession du respect de la chronologie. Là j'ai très envie de vous parler de notre magnifique voyage au Maroc, mais nous devons d'abord passer par Barcelone! Et je ne pourrais parler de Barcelone sans parler de mes trente ans (duh-duh-duuuuuuh...). En plus, nous avons quelques séjours au Québec derrière la cravate, mais je contourne le problème en me disant que je vous ferai un récapitulatif de tout en même temps plutôt que d'y aller en ordre. Donc. Un weekend à Barcelone, ça vous dit?
C'était en septembre, un drôle de mois de transition qui passe toujours trop vite (malgré que je l'aime d'amour, indépendemment du fait que ce soit mon anniversaire) (sauf qu'ici en Angleterre il est pas mal moins flamboyant qu'au Québec et a tendance à passer inaperçu)! C'est aussi l'anniversaire de Matt, en septembre, et dans les dernières années, le moment idéal pour un ou deux mariages; de même que le voyage annuel organisé par le travail de Matt, auquel il était libre de prendre part pour la première fois cette année (même si c'était juste avant mon anniversaire, j'essayais d'être raisonnable et de ne pas jouer la blonde harpie qui le force à rester à la maison). Donc je me retrouvais toute seule à fêter. Wouhou. Je n'avais pas envie d'une grosse fête, jusqu'à la dernière minute je n'étais vraiment pas sûre d'avoir envie de souligner mes trente ans du tout, mais en même temps j'avais l'impression qu'il fallait, que je le regretterais... Mes parents sont les meilleurs et ils ont senti mon indécision. Comme par hasard, ils se sont retrouvés en congé pour les deux semaines entourant mon anniversaire, et ont décidé de venir les passer en Europe. Mais tant qu'à faire (et considérant l'été désastreux qu'on a eu ici), pourquoi ne pas aller chercher un peu de soleil? D'où l'idée de Barcelone, qui était très haut dans ma liste de destinations, et où mes parents n'avaient jamais eu la chance d'aller non plus.
Quand je suis arrivée le vendredi soir (tard, très tard, même en termes espagnols... départ après le travail et vol retardé de près de deux heures, plus une heure de décalage), mes parents y étaient déjà depuis quatre ou cinq jours. Je les ai rejoints «chez eux» (un appartement dans l'Eixample), et tout ce que j'ai eu à faire, c'est me laisser porter pendant trois jours. Quoi de mieux pour une trentenaire récalcitrante que de régresser à l'adolescence? Toujours est-il que ça m'a fait énormément de bien de ne pas être en charge, et de pouvoir profiter du soleil. Avec mes parents juste pour moi. Ça, c'était vraiment extraordinaire (léger syndrome de l'enfant du milieu, ici...)
Ils m'avaient patiemment attendue pour visiter le Parc Güell, alors ce fut notre premier arrêt dès le samedi matin (une fois tirés du lit après notre longue soirée de la veille). Comme je n'avais rien préparé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, outre les photos que j'avais vues de gens qui y étaient allés avant moi. C'était beaucoup plus grand que ce que je pensais (ce qu'on voit c'est toujours seulement la fameuse terrasse en mosaïque); au départ le plan de Gaudí était d'en faire une espèce de complexe d'habitation pour gens aisés, le tout basé sur son approche de l'architecture bien particulière. Pour des raisons que j'oublie (mais qui m'ont certainement été expliquées par ma mère, l'encyclopédie Gaudí), le projet ne s'est pas vraiment concrétisé, mais il reste un magnifique parc aménagé en lignes sinueuses et parsemé de quelques bâtiments. Il est aussi situé sur l'une des collines de Barcelone, et offre par conséquent des points de vue imprenables sur le reste de la ville. Utile pour une touriste qui débarque et qui a besoin de situer un peu les choses dans sa tête.
Nous sommes restés au Parc Güell jusqu'à être affamés, puis nous sommes allés retrouver un petit restaurant à tapas que mes parents avaient déjà repéré (et testé) plus tôt dans la semaine. Entre mon espagnol du secondaire et le catalan de mes parents (mais oui, ils ont appris le catalan avant de partir!), on se débrouillait pas mal pour commander, mais on ne savait pas toujours ce qu'il y aurait dans notre assiette! Heureusement, tout est bon, alors ce n'est pas trop risqué... Tant qu'on aime les sardines et les anchois.
Après, je ne sais plus si nous avons continué à pied ou si j'ai eu mon baptême du métro (le désavantage d'écrire quatre mois plus tard, avec ma mémoire défaillante et mes notes minimalistes); toujours est-il que nous nous sommes retrouvés dans la vieille ville médiévale, Barceloneta, qui débouche, au détour d'une rue étroite et ombragée, sur la plage! C'est ce qui m'a le plus surpris à Barcelone, je crois: cette proximité de la plage avec la ville. Moitié visite culturelle, moitié station balnéaire. Un instant on se croirait dans n'importe quelle ville européenne avec leurs dédales de rues anciennes, et le suivant on a les pieds dans le sable et la Méditerranée à perte de vue! Les vrais Barcelonais soutiennent que les plages de la ville ne valent pas la peine et évitent de les fréquenter, mais laissez-moi vous dire qu'en tant que Québéco-Londonienne, je ne suis pas si difficile! Ceci dit, il faisait tout de même un peu venteux, et je n'avais pas mon maillot. Une pause gelato a fait mon affaire (petite pensée pour notre voyage à Rome!).
Nous avons longé la plage en direction d'une station de tram qui nous emmènerait au Museu del Disseny (Musée du Design, ça ce n'était pas une idée de mes parents!). Intéressant de voir le point de vue hispano-centrique de l'évolution du design, j'ai été surprise de ne reconnaître presque aucune des pièces de la collection! L'immeuble lui-même, et son environnement, valent aussi le petit détour. Des ruelles gothiques à la plage, on se retrouve maintenant dans un espèce d'environnement futuriste où trône le frère du Gherkin, la Torre Agbar; mais à 15 minutes de marche, on a le nez sur la Sagrada Família... On est passés, comment faire autrement, c'était plus ou moins sur le chemin de l'appartement; mais rendus là, je n'étais pas sûre d'être assez en forme pour en profiter pleinement (mes parents l'avaient visitée plus tôt dans la semaine) alors nous avons admiré l'extérieur seulement et continué notre route.
Pour le souper, nous avions une réservation dans un restaurant recommandé par le bonhomme de la boutique où mon père avait acheté une bouteille de vin (et oui, ses trois mots de catalan lui ont bien servi!), et même en arrivant à 22h, nous étions les premiers... C'est beau, l'Espagne, mais juste pour les horaires bizarres, je pense que je ne pourrais pas y vivre! Pour moi, à 22h, c'est dodo... Ceci dit, c'était délicieux, et nous avons pu essayer des spécialités catalanes. Non, je n'ai pas noté le nom...
Le dimanche, nous avions une autre grande journée de marche devant nous, mais Barcelone est une ville qui se marche vraiment bien. Un peu comme Paris; pas du tout comme Londres! En quittant notre appartement, nous sommes passés devant la Casa Batlló, l'une des maisons construites par Gaudí, puis nous sommes descendus vers la Plaça Catalunya, l'équivalent barcelonais de Times Square ou Piccadilly Circus, si on veut. C'est aussi l'extrémité nord de Las Ramblas, ce boulevard hyper-touristique où tout le monde m'avait conseillé de garder un oeil vigilant sur mon sac et mes poches. Honnêtement, pas la partie la plus intéressante de la ville, mais je suppose qu'il faut l'avoir vue...
Ce qui est bien c'est de quitter l'artère principale pour aller se perdre dans les dédales du quartier gothique. On y trouve toutes sortes de boutiques et de restaurants, et les foules sont plus faciles à gérer, sauf quand on veut faire la même chose que tout le monde, notamment visiter le Musée Picasso (tant pis)... On a continué notre marche de l'autre côté de Las Ramblas, pour manger quelques tapas avant de prendre le funiculaire jusqu'en haut du Montjuïc. Nous avons confondu funiculaire et téléphérique (il y a les deux), mais en toute honnêté, j'étais bien contente de garder les pieds au sol...
Le Montjuïc est une autre des collines de Barcelone, celle qui accueillait les Olympiques de 1992 (je dois souligner que j'ai écrit l'année de mémoire, et après validation Google, j'avais raison - je me rappelle de ça mais pas de ce que j'ai mangé pour déjeuner ce matin, allez comprendre!). On y retrouve aussi un jardin botanique, et le Museu Nacional d'Art de Catalunya. Nous avons pris notre temps parmi les plantes, avec un petit arrêt au stade olympique, mais quand nous sommes arrivés au musée d'art catalan, nous nous sommes cogné le nez à des portes closes! Dommage...
Nous avons redescendu la colline de l'autre côté et fini par trouver le Pavillon Mies van der Rohe, que je voulais visiter. Les designers parmi vous auront une image très claire en lisant les mots «Barcelona chair»; et bien c'est de là qu'elle vient! Conçu par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe en 1929, le pavillon de l'Allemagne a été démantelé après l'exposition universelle pour laquelle il avait été commandé. À cause de son importance dans la carrière de Mies van der Rohe aussi bien que dans l'architecture du 20e siècle, il a été reconstruit en 1986 sur son site original, et on peut aujourd'hui le visiter! C'est un étrange bâtiment aux proportions d'une maison mais pas destiné à l'habitation; juste une pure étude de formes et de matériaux qui décrivent précisément le style du concepteur. Après les rues de Barcelone, c'est une véritable oasis de calme, de silence, de fraîcheur et de pureté. Très zen.
Diamétralement opposé au style de notre visite suivante: la Casa Batlló de Gaudí. Celle-ci conçue pour loger une famille aisée ainsi que des locataires au-dessus, et évidemment tout en courbes, couleurs et scintillement... Il me semble que l'audioguide était obligatoire; s'il ne l'est pas, il devrait, parce qu'il est vraiment essentiel à la compréhension de ce qu'on regarde. Super techno, en plus: on nous donne une espèce de console qui ressemble à un téléphone intelligent, et quand on regarde l'écran à certains moments, des animations 3D se superposent à ce qu'on voit! Sans le vouloir, nous sommes arrivés pour le coucher du soleil, et c'était vraiment magnifique...
Pour le dernier jour, nous avions encore quelques cases à cocher: prise deux à la Sagrada Família, et au marché La Boquería, qui était fermé le dimanche. Malheureusement, pas de chance: avec cinq heures d'attente à la Sagrada Família, non seulement j'aurais manqué le vol de retour, mais je n'aurais rien fait d'autre de ma journée... Ce sera pour la prochaine fois, et c'est probablement une bonne idée de réserver en avance! Nous avons été plus chanceuses (ma mère et moi; nous nous étions séparés pour optimiser le temps de cochage de cases) au marché, qui était ouvert mais pas encore trop bondé, juste avant le dîner (que les Espagnols prennent vers 14h... mais pas à La Boquería, j'en suis sûre!). Nous avons donc fait nos petites emplettes de jamón ibérico, olives, et autres anchois, tout en grignotant un cornet de fromage Manchego; puis nous sommes allés rejoindre Papa pour dîner près de l'appartement. Nous y étions à 13h, à attendre qu'ils nous ouvrent la porte... Mais, encore une fois, c'était très bon, et l'avantage d'être les seuls clients c'est qu'on reçoit un excellent service! Nous sommes repartis le ventre plein et la peau ensoleillée, prêts à affronter le gris de Londres et l'âge de raison...
Juste un petit rappel: il y a toujours plus de photos sur mon compte Flickr, par ici...
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samedi 1 février 2014
Roma II
Pour la première partie, c'est par ici...
Le cinquième jour, nous avions prévu de monter le Gianicolo. Nous avons probablement passé plus longtemps à chercher où prendre le bus qu'à admirer la vue une fois en haut, mais malgré tout, ça valait le détour! En redescendant à pied par l'autre côté, nous sommes arrivés dans le Trastevere, un quartier un peu plus «populaire», au sens où plus de vrais Romains y vivent, pas que des autobus de touristes... Avant d'y arriver, nous avons fait un petit détour par la Villa Farnesina, où on retrouve des fresques de Raphaël. C'est ce qui est impressionnant à Rome, je trouve: partout où l'on va, on est entouré de ces trésors, on en devient presque blasé! Bien sûr, il y a tous les monuments, l'histoire, mais pour moi le fait que des oeuvres d'artistes mythiques soient encore en contexte, soit dans des villas ou des églises, plutôt que rassemblées dans des musées, donne vraiment un tout autre coup d'oeil. On comprend comment les artistes fonctionnaient, et pour quoi (et qui) ils travaillaient.
Une fois dans le Trastevere, nous avons fait la tournée des églises (et un petit tour au Museo di Roma, mais même pas la peine d'en parler...) en commençant par Santa Maria, puis Santa Cecilia, et probablement une ou deux autres dont j'oublie le nom. Nous avions rendez-vous le soir pour la deuxième partie des retrouvailles familiales, alors plutôt que de rentrer à l'appartement où nous nous serions sûrement endormis, nous avons mangé des gelati, marché, et pris un verre pour passer le temps. J'étais bien fière de savoir commander un Aperol Spritz comme une vraie touriste (en anglais!).
Après deux repas, chez la tante puis chez la cousine de ma mère, nous avons compris que certaines ressemblances entre les Italiens et les Québécois se passent au niveau de l'estomac. Quand on combine la notion d'économie québécoise («finis ton assiette, pas de gaspillage») avec l'amour viscéral des Italiens pour la nourriture en abondance («en veux-tu encore, tiens, mange, c'est bon»), on obtient des repas aux proportions assez épiques! La mamma italienne croisée avec la mère de famille québécoise... Et c'est vrai, tout était délicieux, j'ai trouvé que c'était une chance extraordinaire de partager la table de «vrais» Italiens; évidemment ça ne se compare pas à ce qu'on connaît dans les restaurants ici. J'ai vu la plus grosse boule de mozzarella di buffala de ma vie (presque aussi grosse que ma tête, et je n'exagère pas!) et été aux premières loges d'une quasi-chicane de famille parce qu'elle avait été servie avec des herbes décoratives qui allaient en fausser le goût pur...
Le lendemain matin, nous avons eu besoin de faire la grasse matinée pour récupérer. Le jour 6 a donc démarré un peu sur le tard, mais nous commencions à avoir réglé une bonne partie de nos listes respectives. Nous sommes retournés nous balader dans le parc de la Villa Borghese, mais malheureusement il fallait réserver à l'avance pour visiter le musée, alors nous nous sommes contentés de la boutique! Nous avons mangé un panino au dernier étage du grand magasin La Rinascente, puis marché jusqu'à l'une des gelaterie qui nous avaient été recommandées. Ce fut ma meilleure combinaison du voyage, je crois: caramel et châtaigne. Pas loin devant pomme et poire, par contre, quoique figue et pamplemousse rose, c'était pas mal aussi... Décidément, je suis fan! À force de marcher, nous étions rendus un peu loin, alors nous avons pris un bus pour rentrer. Il faisait tellement chaud, nous aurions dû garder la pause gelato pour le retour... J'ai décidé que cette fin de journée, quand j'avais les pieds bien fatigués et gonflés au maximum, serait le moment idéal pour aller voir de plus près ces chaussures que je regardais à tous les jours au coin de notre rue. Ce n'est pas le fin cuir italien qui me faisait de l'oeil, mais plutôt des espadrilles Superga, «les chaussures du peuple italien»! Puis nous avons mangé tout près, dans une taverna avec un gentil proprio qui nous a raconté des histoires en français.
Pour notre dernière journée, nous avons décidé de retourner à nos endroits préférés. Nous avons marché jusqu'à la Piazza del Popolo pour voir une exposition sur les machines de Léonard de Vinci, puis visité l'église Santa Maria del Popolo juste à côté. Une oasis de calme et de fraîcheur... J'ai beaucoup aimé la lumière naturelle qui y entrait et mettait certains détails en évidence. De là, nous avons pris un bus jusque dans le Trastevere, pour retourner faire des photos sous un ciel plus clément. Il faisait pas mal gris lors de notre premier passage, et j'avais l'impression que ce serait vraiment joli au soleil. Je ne m'étais pas trompée, mais il aurait aussi fallu que je m'assure que mon appareil-photo fasse la mise au point correctement...
Nous avons attrapé les derniers rayons dans le très beau jardin botanique, au pied du Gianicolo, derrière lequel le soleil se couchait prématurément. J'ai appris que les bananiers faisaient une grosse fleur pendant au bout d'une drôle de longue tige... Il fallait bien aller à Rome pour découvrir ça! Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés sur un pont pour admirer la danse de centaines d'oiseaux au-dessus de l'isola Tiberina, c'était presque hypnotisant... Puis nous sommes allés manger un dernier gelato au Campo de Fiori, et une dernière pizza sur la via della Pace, à deux pas de chez nous.
Nous avons fini le voyage repus, fourbus, pas nécessairement très détendus mais heureux d'avoir partagé ces moments ensemble. Nous retournions tous les trois à Londres pour quelques jours avant le grand départ, inutile de dire que nous n'avions pas prévu grand chose... Même le retour au travail, pour moi, semblait reposant! Mes parents avaient réservé un petit studio au Town Hall Hotel, à quelques minutes de mon travail, et je ne peux que le recommander vivement! Nous avons profité des deux restaurants sur place; un souper tranquille à la Corner Room, où je retournerais n'importe quand, et une soirée théatrale avec menu dégustation de six services à Viajante, tout une expérience! Après avoir tant mangé à Rome, nous ne pouvions pas nous arrêter en si bon chemin... Je les ai aussi invités chez moi, et moi chez eux, c'était drôle d'avoir un semblant de normalité alors que nous vivons normalement à des milliers de kilomètres... Et c'était aussi l'occasion pour eux de rencontrer Matt, en prévision de notre séjour en décembre; mais ça, j'en reparlerai!
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dimanche 26 janvier 2014
Roma I
Il n'y a rien comme un dimanche pluvieux pour commencer à remettre le blogue à jour... Surtout quand ça implique de me remémorer mes vacances au soleil!
J'ai une famille un peu compliquée; disons que je ne suis pas la première à avoir eu la bougeotte. Ça s'est passé de part et d'autre de l'Atlantique, avec ma grand-mère émigrant de la France au Québec dans les années 1950; et trois grand-tantes quittant plutôt le Québec pour aller faire leur vie en Italie à peu près à la même époque, je crois. Donc, pour faire une histoire courte, j'ai de la famille en Italie que je ne connaissais pas jusqu'à il y a tout récemment!
J'ai travaillé fort pour convaincre mes parents de revenir me voir. Ce n'est pas toujours facile de trouver un moment qui convienne à tout le monde! Comme j'avais l'intention de prendre quelques jours de congé pour profiter de leur visite, nous avons poussé le concept un peu plus loin, et décidé d'aller quelque part en vacances ensemble plutôt que de rester à Londres. C'est ici que la famiglia italiana entre en jeu: nous avons fait d'une pierre deux coups et pris la direction de Rome!
Nous sommes arrivés en fin de journée, et mon Papa-G.O. nous avait trouvé un appartement en plein coeur de l'action, à deux pas de la Piazza Navona. C'était le parfait Q.G. pour nos explorations quotidiennes (mais malheureusement moins propice au repos nocturne). Nous avons passé la première soirée à marcher et manger de la pizza; et ça a donné le ton reste de notre séjour!
En voyageant à trois, il faut savoir faire des compromis. Nous avions chacun des attentes assez différentes, alors nous avons essayé de faire un peu de tout! J'avais déjà visité l'Italie il y a une dizaine d'années lors d'un voyage scolaire. Je me souvenais avoir vu les grandes lignes comme le Colisée, le Panthéon et le Vatican; j'avais plutôt envie de découvrir la ville contemporaine, la Rome des Romains qui y vivent maintenant. Pour mes parents, c'était la première fois, et mon père avait une liste longue comme le bras de monuments, ruines et musées à voir; ma mère, de son côté, a compris depuis longtemps qu'il est préférable de le laisser aller, et était de toute façon plus intéressée à renouer avec sa famille.
Au jour 2, nous avons visité le Panthéon (impressionant, presque envoûtant), mangé notre premier gelato, et grimpé les marches de la Piazza di Spagna jusqu'au parc de la Villa Borghese pour admirer la vue. Quel bonheur d'être au soleil, et d'avoir chaud, quand on vient de quitter la grisaille d'octobre à Londres! Je n'étais absolument pas préparée, je devais avoir deux t-shirts et que des jeans et des chaussures fermées... Mais ma valise était tellement pleine à l'aller, je n'ai pas pu me laisser tenter de refaire ma garde-robe à la mode italienne, il aurait fallu que j'en laisse en échange! J'ai préféré rapporter de la nourriture que des vêtements...
Si nous avions apprécié le soleil de la veille, nous n'avions décidément encore rien vu: le troisième jour, il faisait un temps radieux. Nous avons commencé par descendre la via Giulia jusqu'au marché Campo de Fiori, puis en traversant le Ghetto et le Teatro di Marcello, nous nous sommes retrouvés au Colisée sur l'heure du dîner. C'était l'épicentre d'un phénomène qui nous a beaucoup agacés tout au long du séjour: qui dit monument historique dit touristes, et qui dit touristes dit attrape-touristes... Partout où nous allions, il y avait des dizaines de vendeurs de rue qui essayaient de nous refiler toutes sortes de gadgets, roses rouges, faux sacs à main et autres foulards synthétiques... Affamés et suants que nous étions, ce n'était pas la bonne combinaison; nous avons fait le tour du Colisée au pas de course puis pris nos jambes à notre cou pour atterrir sur une terrasse ombragée, près d'une fontaine, à manger une salade. Molto bene! Et le soir, nous avions rendez-vous pour un festin à l'Italienne avec la famiglia: la tante de ma mère nous recevait dans son appartement de la zone EUR, un quartier construit de toutes pièces pour l'exposition universelle de 1942 qui n'a finalement jamais eu lieu à cause de la guerre. Elle habite cet appartement depuis les années 50, j'étais fascinée par le décor mais trop polie pour dégainer mon appareil-photo!
En discutant avec nos Italiens, nous avons réalisé que beaucoup des choses que nous voulions faire nécessitaient de réserver à l'avance; c'était le cas pour le musée du Vatican et la basilique St-Pierre, que nous avons néanmoins décidé d'aller voir le quatrième jour. Nous avons fait une longue marche avant d'y arriver, en passant par le Palazzio di Giustizia et le Castel Sant'Angelo, et mangé une pizza en chemin pour éviter d'être encore pris de court! La plupart de nos interactions avec les Romains se déroulaient dans un mélange de langues, entre notre italien rudimentaire, les gens plus âgés qui avaient appris le français jadis, et les jeunes qui préféraient s'addresser à tous les touristes en anglais. Un peu frustrant parfois, un peu gênant de part et d'autre, mais on a toujours réussi à être nourris! Donc avec l'estomac bien calé (bruschette, arancini, pizza, pasta, etc.), nous avions l'énergie d'affronter les hordes de pélerins au Vatican. L'idée de faire la queue pendant des heures n'a pas obtenu le vote majoritaire, alors nous avons longé la Piazza San Pietro, fait quelques photos en périphérie, puis nous sommes rentrés tranquillement vers notre appartement avant de ressortir pour une petite marche en soirée.
Partie II par ici...
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mercredi 12 juin 2013
Mai ::: May
On a du rattrapage à faire, vous et moi... J'ai eu un mois de mai bien rempli!
Ça a commencé par non pas un mais six voyages en avion, et ça s'est terminé par un mariage (pas le mien, je vous arrête tout de suite)... Entre les deux: Noël, un nouvel appareil-photo, du jardinage, des bébés, un événement mondain plein d'écrivains, du zorbing, une tente, et un wetsuit! On commence par quoi?
Tiens, on va commencer par le commencement, soyons fous. Je me suis envolée le 4 mai pour Montréal (vol numéro trois, j'avais été en Écosse pour le travail la semaine précédente), pour la visite que je n'avais pas faite en décembre. Et donc, logiquement, on a fêté Noël! Il faisait soleil, plus de 25 degrés, et le gazon poussait allègrement. On a utilisé une plante de maison comme sapin, et dégelé des restes de boulettes de Noël (LA tradition culinaire par excellence dans ma famille; pour voir ce que j'ai mangé à la place cette année, c'est ici). J'ai offert des cadeaux anglais stéréotypés (un ballon de rugby, un chapeau de tweed, des livres de cuisine, vous voyez le genre...) et reçu des cadeaux à l'emballage élaboré; c'était parfait!
Et le beau temps s'est maintenu pour plusieurs jours, ce qui m'a permis de prendre des coups de soleil même déguisée en petit albinos pour jardiner. Heureusement, un client opportuniste m'a sauvée d'un mélanome certain et je me suis envolée pour Toronto l'espace d'une soirée (vols 4, et 5). Puis j'ai commencé mon usuel marathon montréalais, question que toutes mes amies m'annoncent qu'elles sont enceintes. Beau synchronisme, félicitations! Après un détour par Québec pour voir la famiglia et pas mal de kilomètres au compteur, je suis retournée dans ma campagne me poser un peu. Essayer de ne rien faire. Respirer de l'air frais, écouter du silence. Faire semblant d'être en vacances. Oublier que je suis de plus en plus handicapée et inadéquate dans des situations de la vie quotidienne au Québec, comme utiliser ma carte de débit, conduire du bon côté de la route, et parler français...
Si la première semaine était sous le signe de l'amitié, la seconde était définitivement dans la thématique famille: la bibliothèque d'Outremont vient d'inaugurer sa Collection Françoise-Kayler et nous avons utilisé le lancement comme excuse pour nous réunir – au grand désespoir des écrivains affamés qui ont dû partager les hors d'oeuvre, et de la bibliothécaire pète-sec qui trouvait qu'on parlait trop fort dans le hall d'entrée. Puis il était déjà temps de rentrer (vol numéro 6), après une bise à mon chat, son chien, la maison de mon enfance, et un dernier petit détour chez les cousins montréalais...
Mais pas question de me reposer en revenant: un certain Anglais m'avait organisé un weekend d'aventures en plein-air! En fait, c'est une certaine Anglaise qui l'avait organisé pour l'anniversaire d'un autre Anglais, mais bon, on avait été invités, voilà. Et donc direction le Devon pour trois jours de camping, de zorbing, et de surfing! C'est très joli, le Devon, ça rend les embouteillages plus agréables. Et le camping, quand il fait beau soleil, c'est vraiment pas si mal! Par contre, 0.5 degrés la nuit et la mer de mai dans un wetsuit d'été, ce n'est pas gagnant... Mais ça justifie une soirée au pub pour se réchauffer avant de retourner dormir dans la tente.
Après le camping (et une semaine effrénée au travail, comme d'habitude), direction Guildford, dans le Surrey (la région juste au sud de Londres), pour notre deuxième mariage de l'année. Ils ont eu un temps magnifique, les chanceux, et le cadre était tout à fait idyllique, so British! Il y avait une grange convertie, un joli jardin anglais plein de fleurs, et des collines verdoyantes tout autour; le tout au bout d'un labyrinthe de petites routes de campagne. Bon, on a failli manquer la cérémonie, mais pour le reste, ç'a été une journée très agréable. Jusqu'à ce qu'on se tape encore des embouteillages pour rentrer à Londres le lendemain, mais on a fini le weekend avec un roast dinner, ça remet du bon pied pour commencer la semaine!
Et depuis le début de juin, il re-pleut et j'ai recommencé à travailler des semaines de cinq jours. La routine, quoi! On pense quand même aux prochaines vacances...
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lundi 8 octobre 2012
Le Québec à l'automne ::: Quebec in autumn
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Deux semaines au Québec en plein coeur de l'automne, c'était:
Étirer mon anniversaire sur trois semaines et m'en servir comme prétexte pour voir le plus de monde possible; souper avec mes deux frères en même temps (pas facile pour mes parents de nous attraper tous les trois autour de la même table); planter du gazon, des asperges, de la rhubarbe et des fleurs pour l'année prochaine; découvrir les instincts de chasseur de mon chat des villes devenu chat des champs; attirer un lama soupe au lait; marcher dans les traces des chevreuils, des porc-épics et des coyotes avec un petit ewok; voir le lever du soleil et me coucher à l'heure des poules; faire un tour dans les chemins de terre avec un vélo de mon âge; retrouver presque toute ma famille, les cousins et les tantes de générations qui s'entrecroisent, le temps d'un repas animé; réunir le club de bridge même s'il nous manquait une joueuse; un fish & chips pas très authentique, une (deux) pintes de cidre qui coûte cher, et des amis qui parlent de job dans un faux pub anglais; un souper bien québécois entre Français de différents niveaux; acheter des beignes montréalais, mais pas de bagels; magasiner dans une boutique de souvenirs quétaines du Vieux-Montréal; collectionner les produits québécois et faire des réserves de beurre d'arachide Kraft; goûter à la cuisine boréale et être fière du Québec; prendre la route de la Beauce, faire des détours, avoir le souffle coupé par les couleurs, et penser à l'Angleterre (et à un certain Anglais...); regretter de ne pas pouvoir prendre de photos sans envoyer ma voiture dans le décor; dîner en tête à tête avec ma grand-mère, parler de poésie avec mon grand-père, et trouver que ça valait bien 6 heures de route sur 24; réaliser que je vais être édentée à 30 ans si je n'apprends pas à relaxer; fouiller dans des souvenirs et retrouver Camille adolescente le temps d'un après-midi pluvieux; faire des boîtes, trier, libérer; faire 25 kilomètres pour une poutine et la payer 52$ de plus que prévu; organiser un tea party pluvieux; faire un curry thaïlandais à partir de courges québécoises selon une recette anglaise; trouver que malgré tout, ce n'est jamais facile de partir...
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