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dimanche 24 janvier 2016
Hola Barcelona
Le problème qui se pose et m'empêche de publier régulièrement (outre le manque de temps... et la paresse), c'est mon obsession du respect de la chronologie. Là j'ai très envie de vous parler de notre magnifique voyage au Maroc, mais nous devons d'abord passer par Barcelone! Et je ne pourrais parler de Barcelone sans parler de mes trente ans (duh-duh-duuuuuuh...). En plus, nous avons quelques séjours au Québec derrière la cravate, mais je contourne le problème en me disant que je vous ferai un récapitulatif de tout en même temps plutôt que d'y aller en ordre. Donc. Un weekend à Barcelone, ça vous dit?
C'était en septembre, un drôle de mois de transition qui passe toujours trop vite (malgré que je l'aime d'amour, indépendemment du fait que ce soit mon anniversaire) (sauf qu'ici en Angleterre il est pas mal moins flamboyant qu'au Québec et a tendance à passer inaperçu)! C'est aussi l'anniversaire de Matt, en septembre, et dans les dernières années, le moment idéal pour un ou deux mariages; de même que le voyage annuel organisé par le travail de Matt, auquel il était libre de prendre part pour la première fois cette année (même si c'était juste avant mon anniversaire, j'essayais d'être raisonnable et de ne pas jouer la blonde harpie qui le force à rester à la maison). Donc je me retrouvais toute seule à fêter. Wouhou. Je n'avais pas envie d'une grosse fête, jusqu'à la dernière minute je n'étais vraiment pas sûre d'avoir envie de souligner mes trente ans du tout, mais en même temps j'avais l'impression qu'il fallait, que je le regretterais... Mes parents sont les meilleurs et ils ont senti mon indécision. Comme par hasard, ils se sont retrouvés en congé pour les deux semaines entourant mon anniversaire, et ont décidé de venir les passer en Europe. Mais tant qu'à faire (et considérant l'été désastreux qu'on a eu ici), pourquoi ne pas aller chercher un peu de soleil? D'où l'idée de Barcelone, qui était très haut dans ma liste de destinations, et où mes parents n'avaient jamais eu la chance d'aller non plus.
Quand je suis arrivée le vendredi soir (tard, très tard, même en termes espagnols... départ après le travail et vol retardé de près de deux heures, plus une heure de décalage), mes parents y étaient déjà depuis quatre ou cinq jours. Je les ai rejoints «chez eux» (un appartement dans l'Eixample), et tout ce que j'ai eu à faire, c'est me laisser porter pendant trois jours. Quoi de mieux pour une trentenaire récalcitrante que de régresser à l'adolescence? Toujours est-il que ça m'a fait énormément de bien de ne pas être en charge, et de pouvoir profiter du soleil. Avec mes parents juste pour moi. Ça, c'était vraiment extraordinaire (léger syndrome de l'enfant du milieu, ici...)
Ils m'avaient patiemment attendue pour visiter le Parc Güell, alors ce fut notre premier arrêt dès le samedi matin (une fois tirés du lit après notre longue soirée de la veille). Comme je n'avais rien préparé, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, outre les photos que j'avais vues de gens qui y étaient allés avant moi. C'était beaucoup plus grand que ce que je pensais (ce qu'on voit c'est toujours seulement la fameuse terrasse en mosaïque); au départ le plan de Gaudí était d'en faire une espèce de complexe d'habitation pour gens aisés, le tout basé sur son approche de l'architecture bien particulière. Pour des raisons que j'oublie (mais qui m'ont certainement été expliquées par ma mère, l'encyclopédie Gaudí), le projet ne s'est pas vraiment concrétisé, mais il reste un magnifique parc aménagé en lignes sinueuses et parsemé de quelques bâtiments. Il est aussi situé sur l'une des collines de Barcelone, et offre par conséquent des points de vue imprenables sur le reste de la ville. Utile pour une touriste qui débarque et qui a besoin de situer un peu les choses dans sa tête.
Nous sommes restés au Parc Güell jusqu'à être affamés, puis nous sommes allés retrouver un petit restaurant à tapas que mes parents avaient déjà repéré (et testé) plus tôt dans la semaine. Entre mon espagnol du secondaire et le catalan de mes parents (mais oui, ils ont appris le catalan avant de partir!), on se débrouillait pas mal pour commander, mais on ne savait pas toujours ce qu'il y aurait dans notre assiette! Heureusement, tout est bon, alors ce n'est pas trop risqué... Tant qu'on aime les sardines et les anchois.
Après, je ne sais plus si nous avons continué à pied ou si j'ai eu mon baptême du métro (le désavantage d'écrire quatre mois plus tard, avec ma mémoire défaillante et mes notes minimalistes); toujours est-il que nous nous sommes retrouvés dans la vieille ville médiévale, Barceloneta, qui débouche, au détour d'une rue étroite et ombragée, sur la plage! C'est ce qui m'a le plus surpris à Barcelone, je crois: cette proximité de la plage avec la ville. Moitié visite culturelle, moitié station balnéaire. Un instant on se croirait dans n'importe quelle ville européenne avec leurs dédales de rues anciennes, et le suivant on a les pieds dans le sable et la Méditerranée à perte de vue! Les vrais Barcelonais soutiennent que les plages de la ville ne valent pas la peine et évitent de les fréquenter, mais laissez-moi vous dire qu'en tant que Québéco-Londonienne, je ne suis pas si difficile! Ceci dit, il faisait tout de même un peu venteux, et je n'avais pas mon maillot. Une pause gelato a fait mon affaire (petite pensée pour notre voyage à Rome!).
Nous avons longé la plage en direction d'une station de tram qui nous emmènerait au Museu del Disseny (Musée du Design, ça ce n'était pas une idée de mes parents!). Intéressant de voir le point de vue hispano-centrique de l'évolution du design, j'ai été surprise de ne reconnaître presque aucune des pièces de la collection! L'immeuble lui-même, et son environnement, valent aussi le petit détour. Des ruelles gothiques à la plage, on se retrouve maintenant dans un espèce d'environnement futuriste où trône le frère du Gherkin, la Torre Agbar; mais à 15 minutes de marche, on a le nez sur la Sagrada Família... On est passés, comment faire autrement, c'était plus ou moins sur le chemin de l'appartement; mais rendus là, je n'étais pas sûre d'être assez en forme pour en profiter pleinement (mes parents l'avaient visitée plus tôt dans la semaine) alors nous avons admiré l'extérieur seulement et continué notre route.
Pour le souper, nous avions une réservation dans un restaurant recommandé par le bonhomme de la boutique où mon père avait acheté une bouteille de vin (et oui, ses trois mots de catalan lui ont bien servi!), et même en arrivant à 22h, nous étions les premiers... C'est beau, l'Espagne, mais juste pour les horaires bizarres, je pense que je ne pourrais pas y vivre! Pour moi, à 22h, c'est dodo... Ceci dit, c'était délicieux, et nous avons pu essayer des spécialités catalanes. Non, je n'ai pas noté le nom...
Le dimanche, nous avions une autre grande journée de marche devant nous, mais Barcelone est une ville qui se marche vraiment bien. Un peu comme Paris; pas du tout comme Londres! En quittant notre appartement, nous sommes passés devant la Casa Batlló, l'une des maisons construites par Gaudí, puis nous sommes descendus vers la Plaça Catalunya, l'équivalent barcelonais de Times Square ou Piccadilly Circus, si on veut. C'est aussi l'extrémité nord de Las Ramblas, ce boulevard hyper-touristique où tout le monde m'avait conseillé de garder un oeil vigilant sur mon sac et mes poches. Honnêtement, pas la partie la plus intéressante de la ville, mais je suppose qu'il faut l'avoir vue...
Ce qui est bien c'est de quitter l'artère principale pour aller se perdre dans les dédales du quartier gothique. On y trouve toutes sortes de boutiques et de restaurants, et les foules sont plus faciles à gérer, sauf quand on veut faire la même chose que tout le monde, notamment visiter le Musée Picasso (tant pis)... On a continué notre marche de l'autre côté de Las Ramblas, pour manger quelques tapas avant de prendre le funiculaire jusqu'en haut du Montjuïc. Nous avons confondu funiculaire et téléphérique (il y a les deux), mais en toute honnêté, j'étais bien contente de garder les pieds au sol...
Le Montjuïc est une autre des collines de Barcelone, celle qui accueillait les Olympiques de 1992 (je dois souligner que j'ai écrit l'année de mémoire, et après validation Google, j'avais raison - je me rappelle de ça mais pas de ce que j'ai mangé pour déjeuner ce matin, allez comprendre!). On y retrouve aussi un jardin botanique, et le Museu Nacional d'Art de Catalunya. Nous avons pris notre temps parmi les plantes, avec un petit arrêt au stade olympique, mais quand nous sommes arrivés au musée d'art catalan, nous nous sommes cogné le nez à des portes closes! Dommage...
Nous avons redescendu la colline de l'autre côté et fini par trouver le Pavillon Mies van der Rohe, que je voulais visiter. Les designers parmi vous auront une image très claire en lisant les mots «Barcelona chair»; et bien c'est de là qu'elle vient! Conçu par l'architecte Ludwig Mies van der Rohe en 1929, le pavillon de l'Allemagne a été démantelé après l'exposition universelle pour laquelle il avait été commandé. À cause de son importance dans la carrière de Mies van der Rohe aussi bien que dans l'architecture du 20e siècle, il a été reconstruit en 1986 sur son site original, et on peut aujourd'hui le visiter! C'est un étrange bâtiment aux proportions d'une maison mais pas destiné à l'habitation; juste une pure étude de formes et de matériaux qui décrivent précisément le style du concepteur. Après les rues de Barcelone, c'est une véritable oasis de calme, de silence, de fraîcheur et de pureté. Très zen.
Diamétralement opposé au style de notre visite suivante: la Casa Batlló de Gaudí. Celle-ci conçue pour loger une famille aisée ainsi que des locataires au-dessus, et évidemment tout en courbes, couleurs et scintillement... Il me semble que l'audioguide était obligatoire; s'il ne l'est pas, il devrait, parce qu'il est vraiment essentiel à la compréhension de ce qu'on regarde. Super techno, en plus: on nous donne une espèce de console qui ressemble à un téléphone intelligent, et quand on regarde l'écran à certains moments, des animations 3D se superposent à ce qu'on voit! Sans le vouloir, nous sommes arrivés pour le coucher du soleil, et c'était vraiment magnifique...
Pour le dernier jour, nous avions encore quelques cases à cocher: prise deux à la Sagrada Família, et au marché La Boquería, qui était fermé le dimanche. Malheureusement, pas de chance: avec cinq heures d'attente à la Sagrada Família, non seulement j'aurais manqué le vol de retour, mais je n'aurais rien fait d'autre de ma journée... Ce sera pour la prochaine fois, et c'est probablement une bonne idée de réserver en avance! Nous avons été plus chanceuses (ma mère et moi; nous nous étions séparés pour optimiser le temps de cochage de cases) au marché, qui était ouvert mais pas encore trop bondé, juste avant le dîner (que les Espagnols prennent vers 14h... mais pas à La Boquería, j'en suis sûre!). Nous avons donc fait nos petites emplettes de jamón ibérico, olives, et autres anchois, tout en grignotant un cornet de fromage Manchego; puis nous sommes allés rejoindre Papa pour dîner près de l'appartement. Nous y étions à 13h, à attendre qu'ils nous ouvrent la porte... Mais, encore une fois, c'était très bon, et l'avantage d'être les seuls clients c'est qu'on reçoit un excellent service! Nous sommes repartis le ventre plein et la peau ensoleillée, prêts à affronter le gris de Londres et l'âge de raison...
Juste un petit rappel: il y a toujours plus de photos sur mon compte Flickr, par ici...
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