Depuis que je suis rentrée à Londres, il y a une semaine, il a plu une seule fois et je m'en suis à peine aperçu (j'étais à l'intérieur, dans un restaurant russe, si vous voulez tout savoir, et c'est seulement en sortant que nous avons constaté que le sol était mouillé). Il fait même soleil, c'est suspect. En plus, depuis hier, la température s'approche dangereusement du point de congélation; j'ai vu du givre au sol en sortant faire mes courses au marché ce matin! Ceci dit, pas de «tempête» cette année; je ne suis tout de même pas encore complètement convaincue qu'on puisse légitimement appeler cette saison «hiver». En réalité, «Londres» devrait être une saison en soi!
Qu'importe, je replonge avec bonheur dans mon panier de petites choses chaudes, et j'ai constaté que tous mes tricots récents étaient passés dans l'anonymat. Pour me faire pardonner, je vous fais une rétrospective d'à peu près tout ce que j'ai tricoté pour me réchauffer la tête dans les dix dernières années (ce que j'ai ici avec moi, on s'entend). Et les foulards ne sont pas en reste, j'en ai achevé deux dans les derniers mois, je vous montre ça plus tard...
Tuque et foulard crème en côtes anglaises, laine provenant de la «boutique» de ma mère
Chronologiquement, c'est ici qu'il faut commencer. Le foulard comme la tuque datent d'au moins dix ans; c'est le premier projet que j'ai fait la dernière fois que j'ai recommencé à tricoter (après toutes les autres fois où j'ai arrêté au beau milieu d'un projet, et où j'ai subséquemment oublié comment faire un rang de montage, forçant ainsi ma pauvre mère à me réapprendre sans arrêt à tricoter – l'histoire de notre vie depuis qu'elle m'a montré pour la première fois, vers l'âge de huit ou dix ans peut-être). Ces deux-là commencent à avoir du vécu parce que je les porte toujours beaucoup, ensemble ou séparément; c'est chaud et doux et ça va avec tout, pourquoi changer une formule gagnante? Pas sûre que j'aurais le courage maintenant de faire un si long foulard, tout en côtes anglaises, et de recommencer pour la tuque assortie après... C'est peut-être ça, avoir de l'expérience?
Béret gris crocheté, laine provenant de la «boutique» de ma mère
Vient ensuite ce béret crocheté improvisé sur le coin d'une table avec une pelote que je trouvais inspirante dans le stock de ma mère (en blague, on l'appelle «sa boutique»; ça ne fait pas trop loin, ni trop cher, pour aller magasiner!). Ce que je trouve bien avec le crochet, c'est que ça se fait et se défait bien, alors c'est facile de voir ce que ça donne rapidement et de recommencer si ça ne convient pas. Ce béret-ci est resté à l'état de prototype, il n'est pas vraiment bien fini mais je l'aime quand même et je le porte comme ça depuis quelques années!
Bonnet vert crocheté, Malabrigo (de mémoire)
À peu près en même temps, dans une phase crochet apparemment, j'ai fait ce petit chapeau cloche avec un reste de laine d'un projet précédent (une belle veste en grosse laine qui attend sagement mon retour dans l'hiver québécois). Comme entre-saison, ou pour tenir mes cheveux quand il vente, c'est gagnant! Là encore, j'avais le projet de lui faire une fleur, mais on en est restés aux idées...
Tuque grise à rayures crème avec gros pompon, Rowan Purelife British Sheep Breeds Chunky Undyed
Après on fait un bond dans le temps pour se retrouver l'hiver dernier. Ceux qui me suivent depuis longtemps et qui ont une mémoire d'éléphant se souviendront peut-être de mes chaussettes les plus chaudes au monde. Comme il me restait de cette fameuse laine de moutons britanniques, j'ai décidé de m'occuper de mon autre extrémité et de m'en faire une tuque! En fait, c'était juste un prétexte pour faire un gros pompon...
Bandeau beige reçu en cadeau
Et puis le petit dernier date de ce Noël, mais je triche parce que je ne l'ai pas fait moi-même. J'ai reçu ce joli bandeau en cadeau, et c'est drôle parce que j'avais justement décidé de m'en faire un! Je trouve que c'est la combinaison parfaite pour le temps londonien, trop chaud pour une tuque mais trop frais pour se promener la couette au vent. Et je pense que les gens qui tricotent ne devraient offrir des cadeaux faits à la main qu'aux autres gens qui tricotent; même si le commun des mortels sourit poliment et porte/utilise le cadeau une ou deux fois, nous seuls pouvons réellement apprécier le travail impliqué. Et puis, c'est quand même une valeur sûre: quand on tricote pour soi, il y a de bonnes chances qu'on porte ce que les autres tricotent aussi... Qu'en pensez-vous?
Voici qui clôt temporairement le chapitre des couvre-chefs. Ne vous en faites pas, j'ai encore deux ou trois pelotes précieuses qui attendent leur heure de gloire, et c'est sans compter toutes celles que je n'ai pas encore trouvées... So many ideas, so little time!
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