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dimanche 14 février 2016

Maroc ::: Morocco ::: 2

Aït Ben Haddou

Malgré un avertissement (probablement bien informé, comme on verra) de notre gentille dame écossaise, notre chauffeur est arrivé pile-poil à 7h du matin; à pied, évidemment, et nous l'avons suivi jusqu'à sa voiture à la Place, d'où nous pensions partir directement. Bizarre, il n'y a personne d'autre dans le minibus... Pas le temps de trop s'installer, après deux coins de rue, nous redescendons! Et rejoignons un groupe de touristes tout aussi perdus que nous, qui attendent sur le trottoir entourés d'un essaim plus ou moins fluctuant de Marocains. Il semble s'organiser quelque chose, l'un d'eux vérifie nos billets (et me demande de l'argent que j'avais déjà payé la veille...), puis il repart faire de même avec les nouveaux arrivants. Nous finissons par être appelés à tour de rôle selon le type de voyage auquel nous sommes inscrits, un nouveau chauffeur et un minibus nous sont assignés, et une grosse heure et demie plus tard, nous partons enfin! Pas la peine de se stresser pour être prêts à 7h, finalement...

Atlas

Marrakech est située dans la partie sud-ouest du Maroc, à peu près à mi-chemin entre la côte Atlantique et les Monts Atlas. C'est vers les montagnes que nous nous dirigeons, puisqu'il faut les traverser pour se rendre au désert. Notre ultime destination sera Merzouga, à près de 600km de Marrakech, mais nous arrêterons en chemin pour la première nuit. J'étais bien excitée à l'idée d'apprendre toutes sortes de choses à propos du Maroc, ses différentes régions, son climat, ses habitants, tout ce que notre guide voudrait nous dire... Sauf que notre chauffeur s'est avéré bien peu bavard, pas de bonjour ni de bienvenue, je n'ai même jamais su son nom! C'est seulement lorsqu'on s'est arrêtés au bord de la route après presque deux heures qu'il a ouvert la bouche pour la première fois: «Photo, toilette, café, ten minutes». J'ai compris après qu'il ne parlait pour ainsi dire pas anglais, alors tout le monde (sauf le couple de Français assis en avant avec lui) a fait le voyage en silence. Enfin, pas complètement en silence: nous avons eu droit à un échantillonnage complet de musique marocaine, de la plus traditionnelle aux stations de radio populaires! Je n'aurais jamais pensé traverser les terres berbères au doux son de Justin Bieber... À part nous et les Français, il y avait aussi deux Australiens, quatre Allemands, quatre Mexicains, deux Argentins, une Américaine, et un Philippin. Donc pas évident de trouver une langue commune de toute façon! J'ai quand même trouvé vraiment dommage de ne pas savoir où nous étions, nous avons vu des endroits magnifiques mais je n'en connais pas davantage.

Atlas

Nous nous arrêtions régulièrement pour que tout le monde fasse la même photo, tellement que des vendeurs de souvenirs s'étaient installés dans l'accotement. La route dans les montagnes était particulièrement impressionnante, serpentant entre les parois rocheuses et grimpant en lacets de bottine pour redescendre aussitôt, et puis recommencer!

Argan cooperative

À un moment nous nous sommes arrêtés dans une vallée toute verte, pour visiter une coopérative féminine qui récolte et transforme l'argan. Il y avait visiblement des activités prévues en cours de route, mais c'était une surprise à chaque fois! Encore une fois, rien n'était vraiment expliqué, mais on pouvait voir les femmes écaler et moudre les noix d'argan, et acheter les produits transformés (principalement des cosmétiques et de l'huile alimentaire). J'ai acheté une crème pour le visage que je trouve extraordinaire, mais malheureusement ce sera difficile de la remplacer quand le tube sera vide!

Aït Ben Haddou

Aït Ben Haddou

Vers l'heure du midi, nous sommes arrivés à notre arrêt principal de la journée: le village de Aït ben Haddou, sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et qui a servi de décor à de nombreux films (entre autres Lawrence d'Arabie, Jésus de Nazareth, La Momie, Gladiateur, Babel...). Quelques familles berbères y vivent encore – quatre dans le vieux village lui-même, et les autres dans un nouveau village construit juste à côté il y a huit ou dix ans, où ils ont accès à l'eau courante et à l'électricité. Nous avions un guide sur place, une chance! Et il nous a fait toute la visite (au pas de course) en anglais, français, et espagnol. Apparemment on était un peu pressés; c'est là qu'on a appris nos premiers mots d'arabe: «Yalla, yalla!» (probablement pas épelé comme ça; on a compris rapidement que ça voulait dire vite, ou allez, dans ces eaux-là!). C'est aussi à ce moment qu'on a compris ce qu'est une kasbah: il ne s'agit pas de n'importe quelle maison berbère, mais plutôt de ces constructions plus importantes (souvent pour les chefs de famille et les gens fortunés) formées de quatre tours aux coins. Le village était impressionnant, surtout quand on essaie de se mettre à la place des gens qui y vivent vraiment... À plusieurs moments au Maroc je me suis fait cette réflexion: c'est bien bucolique et dépaysant pour moi, mais ces gens-là, c'est leur quotidien, ils n'ont pas le choix, c'est ça, leur vie... Ça remet les choses en perspective!

Ouarzazate

Après un dîner qui a duré plus longtemps que la visite (c'est pour ça qu'on était pressés?), nous avons repris la route, et passé, sans s'arrêter, à Ouarzazate. Une ville très moderne, même en comparant à Marrakech plutôt qu'à Aït ben Haddou; surtout en considérant qu'elle est dans le milieu de nulle part! Mais Ouarzazate est le Hollywood du Maroc: on y retrouve de grands studios de cinéma où plusieurs films à gros budgets sont tournés (récemment: Game of Thrones). Ouarzazate est aussi la «porte du désert», alors nous avons commencé à voir le paysage changer! Au coucher du soleil, nous avons fait une pause-pipi dans la Vallée des roses, que j'ai trouvée magnifique. Je n'ai vu aucun rosier (beaucoup de vendeurs d'eau de rose, toutefois), mais avec la lumière tombante et la pierre rosée, elle portait vraiment bien son nom!

Vallée des roses

Vallée des roses

Pour ce qui est du reste, nous n'avons rien vu de plus; la nuit tombe très rapidement à ce moment-là de l'année. Nous avions une vague idée que nous devions être quelque part dans la vallée du Dadès lorsque nous nous sommes finalement arrêtés à un hôtel, mais sans plus... Après un autre tajine pour souper (et des fruits douteux pour dessert – exactement la même formule qu'au dîner, sauf qu'ils servaient de l'alcool!), nous nous sommes couchés dans notre chambe humide et froide (jamais cru que l'humidité serait un problème si près du désert), en espérant que le matin arrive vite pour qu'on se rapproche encore plus de notre but...

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